Dimitri
écrit à

Maximilien de Robespierre
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Bonjour, Jeune homme, J'ai estimé à leur vraie valeur votre soif du savoir et l'intérêt profond que vous nourrissez pour l'histoire ainsi que la grandeur des sujets sur lesquels vous méditez le plus en ce moment, comme j'ai goûté le style pur et élevé que vous avez bien voulu employer dans votre magnifique lettre et qui vous semble si familier. Inutile, je pense, de vous préciser que je n'ai point «fait» d'autres révolutions que celle opérée dans ma conscience à la lecture des vérités simples sur la nature de l'homme et de la société, vous resteriez sourd à mes explications car vos pensées sont décidément ailleurs. Naturellement, à en juger d'après les interrogations que vous m'avez soumises, vous n'êtes guère préoccupé par les questions des droits de l'humanité, ni par la liberté publique, ni par l'idée de la république, mais par autre chose bien plus sordide mais ô combien plus importante à vos yeux, que vous croyez digne de mon attention. Veuillez noter, jeune homme, que si je ne vous ai pas rabroué aussitôt après lecture de votre impertinente missive qui m'en donnait toutes les raisons, c'est uniquement grâce à ma particulièrement bonne humeur de ce jour. Ne croyez cependant point que je condescendrai à répondre aux invectives tant grossières qu'ineptes de Danton que vous vous mettez en devoir de citer. Je me bornerai juste de vous faire remarquer que même si votre message ne me laisse point supposer un usage assidu et manifeste du cerveau chez vous, je ne me permettrais guère de mettre en doute sa présence dans votre tête ni votre capacité de le mettre au travail si l'envie vous en prenait, et si c'est le cas, vous saurez y lire la clé de l'énigme qui vous obsède tant. Sur ces paroles, je prends congé de votre aimable compagnie, en vous adressant mes meilleures salutations, Maximilien Robespierre |