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Nailloux, le 7 juin 2012
Cher Arthur,
J'ai récemment lu votre poème «Ma
bohème», que j'ai bien apprécié. J'ai
été surprise et enthousiaste de le voir inspirer
certaines œuvres musicales actuelles, telles que «The
passenger», en 1977, du mythique chanteur américain Iggy
Pop, et en 2005, «À ceux qui passent» de Jean-Louis
Aubert, un grand chanteur français. J'y ai retrouvé de
nombreuses similitudes comme les thèmes de l'amour et du voyage.
Ces deux chansons racontent l'histoire d'un homme qui voyage à
la recherche de l'amour.
Quel sentiment éprouvez-vous lorsque vous voyez que votre
poème est repris, plus d'un siècle après sa
création, et parfois même à l'étranger?
Veuillez croire, Monsieur, en ma sincère admiration,
Audrey
Chère Mademoiselle,
Après m'être informé auprès des grands
passeurs de Dialogus, des deux chanteurs que vous évoquez, je ne
peux être qu'extrêmement flatté d'être source
d'inspiration dans votre siècle. Je dois bien d'ailleurs vous
avouer que je me sens plus proche d'Iggy Pop que de Jean-Louis Aubert,
si tant est que je puisse me prononcer à plus d'un siècle
d'écart.
Néanmoins, nous différons sur un point essentiel: je
n'étais pas à la recherche de l'amour, j'étais
à la recherche de... je ne sais, de moi-même,
peut-être! L'amour était un superflu fort agréable,
mais superflu tout de même. Je marchais pour marcher,
voilà tout, étant de ceux qui pensent que
l'intérêt du voyage réside dans la route et non
dans le but.
Bien à vous,
Rimbaud
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