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Cher Arthur,
Nous vous écrivons du collège Jacques Prévert de
Châteauneuf sur Sarthe. Nous aimons vos poèmes, surtout
«Les réparties de Nina»,
car vous ne faites pas part de vos sentiments comme dans les autres
poèmes. Vous faites croire que vous êtes amoureux, mais on ne le sait
pas vraiment.
Des questions nous trottent dans la tête: pourquoi
votre mère ne vous habillait-elle pas à la mode alors que vous êtes
issu d'une famille bourgeoise? Pourquoi votre mère vous punissait-elle
tout le temps?
Merci d'avance pour votre réponse,
Mathieu et Alexis
Chers messieurs,
Je vous remercie de ce que vous me dites sur
mes poèmes. Ce n'est effectivement pas moi qui parle dans «Les
réparties de Nina», mais la réponse de cette dernière, avec sa froideur
et son manque de sentiment, ressemble aux propos tenus par certaines
jeunes filles que j'ai connues...
Pour vos autres questions, il
faudrait vous adresser à ma mère! Tout d'abord, pour ce qui est de la
mode, ce n'était pas pour les jeunes, à l'époque, un point aussi
important que pour vous. Je n'ai pas le souvenir d'avoir détonné dans
Charleville avec mes vêtements! C'est par la suite, quand ma mère
justement ne s'est plus occupée de ma tenue que j'ai choqué bien des
gens! Quant aux punitions, ma mère croyait sans doute que seule la
sévérité permettrait de corriger mes velléités de liberté, qui elles
aussi étaient choquantes pour l'époque... C'est le contraire qui s'est
produit!
Bien à vous,
Rimbaud
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