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Léa et Tifaine
écrivent à

Arthur Rimbaud


« Un magnifique poème : le bateau ivre »
Lettre écrite dans le cadre scolaire


   

Bonjour Monsieur Rimbaud,

Nous sommes deux élèves de Quatrième au collège Saint-François, à Châteauneuf-sur-Sarthe, et nous aimerions partager avec vous nos ressentis sur votre poème «Le bateau ivre». Nous sommes chargées d’écrire une lettre à une personnalité connue. Nous vous avons choisi car votre vie nous a beaucoup plu et plus particulièrement «Le Bateau ivre».

Tout d’abord, comment avez-vous puisé votre imagination pour écrire les vingt-cinq strophes de votre poème? Celui-ci nous a beaucoup touchées. Nous savons que vous aimez la mer et les voyages et que ce poème raconte vos rêves de découvrir le monde.

Nous n'avons pas très bien compris votre phrase: «Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants, je courus». Que veut-elle dire?

Dans votre poème vous dites : «plus forte que l’alcool» ou « des taches de vin bleu». Nous voudrions savoir pourquoi vous parlez beaucoup d’ivresse dans ce poème. Il y a t-il un rapport avec votre vie ?
   
Nous vous remercions de nous faire partager à nous lecteurs votre passion pour la littérature. Merci de nous avoir accordé un peu de votre temps. Nous portons beaucoup d’admiration à vos poèmes, et nous attendons votre réponse avec impatience.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations respectueuses,
 
Tifaine et Léa


Mesdemoiselles,

J'ai beaucoup d'affection moi-même pour «Le bateau ivre», qui m'a ouvert les portes des salons parisiens -même si je m'y suis ensuite copieusement ennuyé.

Pour répondre à vos questions, on trouve l'inspiration là où elle est! En soi, tout simplement: j'ai mis dans ce texte mes rêves et mes désirs, et croyez-moi, quand on a seize ans à Charleville, on est tout pétri des rêves les plus fous.

Je vais vous resservir ce que j'ai dit une fois à ma mère qui me demandait ce que voulait dire un de mes poèmes : «Ça dit ce que ça veut dire, littéralement et dans tous les sens». J'ai écrit le vers que vous me citez il y a trop d'années pour me rappeler ce que j'avais pu «vouloir dire». À vous, lecteurs, à présent, de travailler un peu... En tant qu'élèves de Quatrième, toutefois, je pense que vous pouvez vous rappeler vos jeux et «cerveaux d'enfants», et comment on devient sourd à tout ce qui n'est pas notre désir. Je suppose que c'est ce qu'exprime cette image.

Quant aux allusions à l'ivresse, si vous avez bien lu, il s'agit de «laver les taches de vin bleu et les vomissures», tandis que ce sont les ivresses amoureuses qui l'emportent sur l'ivresse tout court. Faites-moi la grâce de croire qu'à seize-dix-sept ans, je ne m'adonnais pas à ce point à la boisson! Là encore, ce ne sont que des images...

Bien à vous,

Rimbaud

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