Élodie Marcelli
écrit à

Arthur Rimbaud
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Bonjour monsieur Rimbaud, Chère Mademoiselle, Je crois savoir que ma vie fait à votre époque
l’objet de biographies assez précises pour savoir si j’ai des frères et
sœurs! Non, je n’étais pas enfant unique, j’ai un frère et j’avais deux
sœurs. Je ne peux me rappeler mon «tout premier poème», car à cette
époque j’écrivais beaucoup. Ce doit être le compliment fait en latin au
petit prince impérial, mais je n’ai pas la date en tête, c’est si loin…
Quant au dernier… Qui dit que je n’écrirai plus jamais? J’ai cependant
mis la dernière main à mes Illuminations vers 1875. Je ne sais si j’étais écorché, comme vous dites, mais j’avais certainement des émotions à exprimer, que ma ville et ma famille me forçaient à étouffer, et l’écriture m’a alors été d’un grand secours. Je ne suis pas un idéologue, et je ne crois pas qu’on puisse parler de message, même si certains poèmes sont, si ma mémoire est bonne, suffisamment critiques et satiriques pour en tenir lieu. Bien à vous, Rimbaud |