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Owen, Laura, Jules
écrivent à

Arthur Rimbaud


"Ma Bohème"
Lettre écrite dans le cadre scolaire


   

À Châteauneuf sur Sarthe, le 5 mars 2016

Cher Monsieur Arthur Rimbaud,

   
Nous sommes des élèves de Quatrième du collège Saint-François, de Châteauneuf sur Sarthe. Dans le cadre d’un projet en français avec notre classe, nous avons découvert le site Dialogus, qui permet d’écrire une lettre à des personnalités.

Après avoir effectué quelques recherches sur votre vie et votre œuvre, nous voudrions vous interroger sur votre poème «Ma bohème», que nous avons étudié en classe. Pourquoi avez-vous composé ce poème à un si jeune âge? Dans quel but? Dans ce poème, vous parlez d’une personne qui mène une vie de bohème, serait-ce autobiographique? Dans ce poème, vous évoquez la fugue, serait-ce un écho possible à votre fugue à  l’âge de seize ans?

Charles Aznavour, qui est un grand chanteur français des XXe et XXIe siècles, a écrit une chanson sur une personne qui mène une vie de bohème. Nous trouvons qu’il y a de grandes similitudes avec votre poème, comme le prouvent ces passages : «Et bien miséreux avec le ventre creux»,  « La bohème, la bohème ça voulait dire on était heureux» qui font écho à votre vers «Je m’en allais les poings dans mes poches crevées»  «Où rimant au milieu des ombres fantastiques». Qu’en pensez-vous? Partagez-vous la vision de Charles Aznavour?

Nous vous remercions d’avance de votre réponse et nous vous prions d’agréer, Monsieur, nos salutations distinguées,

Owen, Laura et Jules


Mademoiselle, Monsieur,

Il est certain que dans «Ma bohême», comme le titre l'indique, j'évoque ma propre expérience. Après, dans quel but? Mon Dieu, faut-il avoir un but pour écrire un poème? J'en éprouvais l'envie, voilà tout; je voulais fixer par écrit quelques-unes des sensations qui m'avaient traversé pendant mes longues marches. Et justement, c'est parce que j'étais jeune, impulsif et plein de fièvre que je me suis mis à écrire. La poésie n'est pas quelque chose de rationnel, savez-vous?

Je n'ai pas l'heur de connaître Monsieur Aznavour, mais je pense que, comme de nombreux artistes qui ont dû «manger de la vache enragée» à leurs débuts, il a dû lui aussi faire l'expérience des ventres creux mais des têtes et des cœurs pleins, de rêves, de mots, d'espoirs et d'idées. Il me semble que c'est une vision communément partagée par les artistes, un peu romantique il est vrai, quel que soit leur siècle, ainsi qu'une expérience à la fois douloureuse sur le moment, et sur laquelle on revient avec nostalgie. Car, pour paraphraser votre chanteur: «la bohême, ça voulait dire on était jeune»...


Bien à vous,

Rimbaud

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