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Vendredi 23 octobre 2009
Cher monsieur Rimbaud,
Je m'appelle Cyril et je suis un élève de quatrième.
Je
vous écris car j'aimerais en savoir davantage sur vous. En effet, j'ai
fait des recherches sur votre vie et vos œuvres en classe de français.
Je me pose ainsi des questions sur vous, auxquelles j'apprécierais
beaucoup que vous répondiez:
Pouvez-vous m'expliquer pourquoi
vous avez arrêté la poésie à vingt ans? Et comment trouviez-vous
l'inspiration alors que vous étiez si jeune? J'ai moi-même des
difficultés à trouver des idées pour certains exercice d'expression
écrite. C'est la raison pour laquelle je trouve épatant de pouvoir
écrire autant de poèmes si jeune, poèmes connus dans le monde entier.
Au cours de mes recherches, j'ai appris que vous aviez écrit «Les
poètes maudits», «Les Illuminations», «Le Bateau ivre» et «Les
Effarés». Pourriez-vous m'indiquer quelques-unes de vos autres
créations pour que je puisse compléter mes recherches?
Je vous remercie pour vos réponses. J'espère apprendre
beaucoup de choses sur vous; vous qui avez tant voyagé.
Salutations distinguées,
Cyril
Cher monsieur,
Ainsi que je l'ai dit plusieurs fois, j'ai décidé
d'arrêter d'écrire vers vingt ans car je ne trouvais plus d'intérêt à
ce travail: j'avais, à mon sens, épuisé les possibilités de la poésie
et j'éprouvais un certain dégoût pour le monde qui m'entourait. J'ai
donc décidé de partir, pour tenter de me réinventer ailleurs.
L'inspiration
n'est pas un dû, c'est là aussi un travail. Il faut savoir ouvrir les
yeux et interpréter ce qui est autour de nous. Je parle ici
d'inspiration poétique, et non pas de travail scolaire! Dans ce cas, je
tentais d'imaginer ce que le professeur voulait lire. Essayez, vous
aussi, vous verrez! Le plus important reste de ne pas partir battu et
de toujours croire que ce que l'on a à dire compte.
J'ai publié
un petit livre appelé «Une Saison en Enfer» et travaillais sur les
«Illuminations» avant de m'en aller. Je ne voulais pas que ces textes
et mes poèmes de jeunesse parussent, mais votre courrier et d'autres
que j'ai reçus me prouvent assez qu'on ne peut faire confiance à
personne et que ces textes ont refait surface d'une façon ou d'une
autre. Je m'en félicite néanmoins, car ils me permettent d'être en
relation avec des personnes de votre temps.
Bien à vous,
Rimbaud
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