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Lucie
écrit à

Arthur Rimbaud


Déception


   

Bonjour «Arthur»,

Je lis vos réponses aux questions qui vous sont posées. Si je retrouve dans ces dernières la poésie et la liberté d'esprit que je ressentais lorsqu'à quinze ans j'entrai dans ce monde palpable tissé de vos métaphores, dans les premières c'est désillusion! Est-ce Rimbaud que vous incarnez, ou l'un de ses proches qui n'a rien retenu de son âme poétique? Ou alors Ce Rimbaud enfant a-t-il laissé la place à un adulte qui a vendu son âme et sa richesse à un monde désenchanté voulant faire passer le message que la poésie se pose tel un oiseau et dont il ne reste que désillusion dès qu'il reprend son envol?


Mademoiselle,

Comme le montrent un certain nombre de lettres reçues, la littérature m'a figé pour jamais dans mes dix-sept ans pas sérieux -j'avoue avoir, par coquetterie, gardé pour Dialogus mon image photographiée de cette époque, même si aujourd'hui j'accuse bien plus que dis-sept automnes... Il est bien évident que oui, j'ai changé, évolué, et que, sans forcément avoir vendu mon âme, je suis passé à autre chose après avoir refermé mes cahiers et abandonné la poésie. Par désillusion, sûrement, même si je ne peux renier ce que j'ai écrit et mes élans de naguère, sur lesquels je porte aujourd'hui un regard nostalgique quoique dépourvu de toute complaisance, et peut-être rendu plus dur par ma vie d'ici et maintenant. Il me reste toutefois ce que j'ai vu et dont j'ai tenté de rendre compte en poésie, mais cela n'appartient qu'à moi.

Bien à vous,

Rimbaud

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