Trinity Elegy Lovett
écrit à

Arthur Rimbaud
| Je vous salue, Ô Grand Poète! Je suis d’accord, l’être humain n’est pas terrible, pas terrible du tout. Mais il n’y a point que les femmes qui soient laides, les hommes en font partie. Eh oui! «Elle est retrouvée. Quoi? – L’éternité. C’est la mer allée Avec le soleil.» Y a-t-il vraiment une éternité? Même l’espace aurait-il une fin? Alors l’avez-vous vraiment trouvée? Est-ce vraiment le soleil et la mer? J’espère que ce ne sont point des paroles en l’air… Sur une certaine photo de vous, vous semblez songeur, mais à quoi pensiez-vous donc? Très curieusement, Trinity Elegy Lovett Chère mademoiselle, Je suis moi aussi d'accord avec vous: l'être humain dans sa globalité n'a rien de très reluisant, surtout quand les passions (charnelles, matérielles...) s'en mêlent. Peut-être faut-il arriver à se détacher de tout pour atteindre le beau et le bien... Et il me semble que devant la mer mêlée au soleil (j'insiste sur ce verbe «mêler»: je ne promeus aucun cliché paradisiaque, tel que les réclames peuvent mettre en avant!), on peut être saisi de visions d'éternité, à tous les sens du terme. Je n'ai réalisé que peu de portraits de moi, mais savoir auquel vous faites allusion est hasardeux. À quoi je pense? Sans doute à rien, vous savez, le temps de pose est long et fastidieux, il faut bien s'occuper... ou obéir aux consignes du photographe! Bien à vous, Rimbaud |