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Véronique 
écrit à

Jean Rézeau


Quand tu avais quinze ans...


   

Monsieur,

Quand il fait froid que portes-tu? Aimes-tu le lait? Où est-ce qu'on peut trouver ton film? Quand tu avais quinze ans, qu'est-ce que tu aimais faire? Que faisais-tu le dimanche quand tu étais petit?
 



Chère Véronique,

Vous parlez de moi comme si j’étais un adulte qui ressassait son passé. Savez-vous que je suis encore adolescent au moment où je vous écris, et que je n’ai que quinze ans? Les hivers sont parfois rudes dans notre région, et je profite encore des lainages doux et chauds que ma grand-mère paternelle avait tricotés pour moi. Ils commencent à être un peu serrés pour moi, mais j’ai ainsi l’impression de garder près de mon cœur un peu d’elle, disparue si vite, et les bons moments de ma vie avec elle.

Les abbés de la pension nous donnent un grand verre de lait tous les matins, afin de fortifier notre ossature, disent-ils. J’aime beaucoup la sensation de ce liquide épais et blanchâtre dans ma gorge, il agit sur moi comme une douce médication contre la morosité.

Le dimanche, nous allons à la messe, aux matines, aux vêpres… L’éducation de nos abbés est avant tout religieuse, et nous nous tournons vers Dieu, ainsi que nous l’a appris notre grand-mère.

Bien à vous,

Brasse-Bouillon

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