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Salut Brasse-Bouillon,
Ta vie n'a pas toujours été facile. Je voulais savoir si
tes frères étaient aussi malicieux que toi, et surtout si
vous vous défendiez mutuellement contre votre
mère.À trois c'est plus facile.
J'ai toujours pensé que tu devais être un peu le meneur de
la bande. Ai-je raison?
Amicalement,
Adélaïde
Chère Adélaïde,
Je viens de partager la lecture de votre lettre avec mes frères,
et nous avons beaucoup ri. Pas de vous, bien sûr, mais du fait
qu'en 2007 certaines personnes pensent encore à nous et semblent
parfois nous connaître mieux que nous-mêmes. J'aime ces
moments de connivence avec mes frères, où notre
amitié semble inaltérable.
Comme vous me posiez la question, je vais vous répondre qu'il
n'en a pas toujours été ainsi, malheureusement. Pour vous
dire la vérité, lorsque mes parents sont revenus de Chine
il y a quelques années de cela, ils apportèrent en guise
de «cadeau» un frère que ni Fredie, ni moi ne
connaissions. Celui-ci, contrairement à nous, était
traité avec dignité par ma mère, et même
avec amour… Notre mère nous éduqua ainsi à la
rivalité et la jalousie, tant les procédés qu'elle
employait contre Fredie et moi-même étaient à mille
lieues du traitement de faveur accordé à Marcel, notre
jeune frère. D'ailleurs, ce dernier ne pouvait s'empêcher
de dévoiler à Folcoche toutes nos manigances, si bien que
nous le laissâmes de côté un bon moment, une fois la
confiance envolée…
Aujourd'hui, les querelles du passé se sont envolées et
nous avons grandi. Marcel est devenu notre frère, car je pense
que l'esprit de famille ça s'apprend, ce n'est pas inné.
Et puis, j'ai la quasi-certitude que Marcel n’est que notre
demi-frère, le fils d'un homme que notre mère rencontra
dans des contrées lointaines. Voilà sans doute le secret
qui la rongeait et qui la rendait si proche de notre cadet.
Je ne sais si je suis le meneur de la bande, mais il est vrai que j'ai
toujours sollicité Fredie pour éradiquer le fléau
Folcoche… Je pense que cela est dû au fait que ma mère
s'en prenait davantage à moi qu'aux autres…
J'espère avoir répondu à vos questions,
chère Adélaïde.
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Brasse-Bouillon
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