Ana
écrit à

   


Sophie de Réan

     
   

Vos relations

   

Bonjour,

Je voudrais tout d'abord vous exprimer mon admiration, vous qui êtes une personne de si bon caractère, qui a su pardonner à une marâtre après avoir vécu tant de souffrances. Je voudrais vous demander ce que vous pensiez de la relation père-fille qu'entretiennent M. de Rosbourg et Marguerite? Aviez-vous les mêmes avec votre propre père?

Cordialement,

Ana


Chère Ana,

Je vous remercie pour votre lettre qui m'a profondément touchée. J'espère comme vous le dites pouvoir pardonner à Madame Fichini et surtout, j'espère du plus profond de mon coeur, que le sien sera assez grand pour me laisser avec mes amies. Je me sens bien mieux depuis qu'elle est partie pour l'Italie.

Je ne connais pas la relation qu'entretenait Marguerite et son père avant que celui-ci ne disparaisse, mais je peux vous parler de celle que mon père et moi entretenions, si vous le souhaitez.

Bien à vous,

Sophie


Oui, ce serait pour moi un grand plaisir que d'entendre votre histoire, plus particulièrement votre relation avec votre bien regretté père.

Bien à vous,

Ana

Chère Ana,

En vérité, il y a peu de souvenirs que je garde de mon père.

Lorsque j'étais petite, encore plus petite que maintenant, je vivais avec mes parents dans notre château. Je me souviens que mon père n'était pas là très souvent, mais il me faisait envoyer de jolis cadeaux assez régulièrement, tels que cette magnifique boîte à couture dont j'ai volé le contenu, en pensant qu'elle était destinée à maman.

Par la suite, après notre naufrage, nous nous sommes retrouvés aux Amériques avec madame Fichini et mon père n'était pas plus souvent présent. Je passais mon temps à observer les animaux tropicaux, tous plus colorés les uns que les autres. Et puis, il nous a fallu rentrer en France et mon père est tombé très malade. Il ne quittait plus jamais son lit, si bien que je n'avais que peu d'occasions de le voir, le médecin lui ayant prescrit beaucoup de repos et de calme. Il a bien vite été emporté à la suite de sa maladie.

Mon père était un homme bon et très gentil, mais je ne l'ai pas beaucoup connu. Ce que je sais, au plus profond de moi, c'est qu'il m'aimait très fort puisque, se sachant malade, il a souhaité épouser madame Fichini pensant qu'elle serait une bien bonne mère pour sa chère petite Sophie.

Bien à vous.

Sophie