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Bonjour Sophie!
Je suis très heureuse de pouvoir
communiquer avec toi. J'aimerais, si tu le permets, que tu me parles de
ta maman, Madame de Réan. En fait, j'ai lu des livres sur toi et il m'a
semblé que par rapport à madame de Fleurville, madame de Réan était un
peu froide avec toi. En tout cas, moins affectueuse, moins maternelle.
Bien sûr, je me trompe peut-être.
J'espère que tu ne m'en
voudras pas si je te demande si tu penses que madame de Réan t'aimait
autant que madame de Fleurville, car c'est une simple question et
j'aimerais être ta confidente.
Affectueusement,
Élise.
Chère Élise,
Je te remercie de ta gentille lettre. Je pense que
ma mère avait des raisons d'être si froide envers moi: je faisais sans
cesse des bêtises et n'étais jamais sage. Je ne lui obéissais pas, et
lui manquais de respect. Tant de choses qu'à présent je regrette!
Ainsi, je peux comprendre qu'elle me grondât. Mais elle était très
maternelle, contrairement à ce que tu penses: elle me donnait beaucoup
d'affection. Elle me prenait dans ses bras et veillait chaque jour à
mon bonheur. Mais ses punitions prenaient toujours le dessus, et c'est
ainsi qu'on se souvient d'elle comme une femme froide, par ma faute.
Madame de Fleurville est si douce et si gentille, mais sache, Élise,
qu'elle ne remplacera jamais ma petite maman. Je l'aime tant et je
pense à elle chaque jour en espérant qu'elle voie tous mes efforts pour
ne plus faire de bêtises.
Je t'embrasse, ma chère Élise,
Sophie
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