Reichling Charlène

écrit à

   


Sophie de Réan

     
   

  Projet scolaire

    Le 12 avril, à Moyeuvre-Grande


Chère Sophie,

Je vous écris dans le cadre d'un projet scolaire réalisé au sein du collège Jean Burger de Moyeuvre-Grande.

Je connais bien votre histoire pour l'avoir lue des centaines de fois depuis mes sept ans. Je sais que vous êtes une jeune fille curieuse et que vous aimez l'aventure, c'est pour cela que vous enchaînez les bêtises, par besoin de nouvelles découvertes (comme la fois où vous vouliez connaître la sensation que cela fait de marcher sur la chaux, ou encore la fois où vous vouliez tester votre nouveau couteau. Pauvres poissons! Je pourrais parler de vos autres escapades mais cela serait trop long). Vous êtes souvent punie car vous faites beaucoup de bêtises. Mais il faut voir le bon côté des choses, car je pense que celles-ci ne peuvent, en grandissant, que faire de vous une jeune fille bonne et sage. Madame de Réan vous gronde souvent, mais il ne faut pas lui en vouloir car elle veut que vous soyez une petite fille modèle et bien élevée.

Il faut, bien sûr, remercier votre cousin Paul et votre bonne qui vous soutiennent énormément lors de vos malheurs. Souvenez-vous, quand vous aviez griffé ce pauvre Paul. Le malheureux s'est roulé dans les ronces pour éviter que vous vous fassiez disputer. Quant à votre bonne, quelle femme très généreuse avec vous! Elle vous a tellement défendue qu'elle fut renvoyée par madame de Réan car elle était trop bonne avec vous. Ah oui, j'allais oublier, vos amies Camille et Madeleine à qui vous vouliez ressembler.

Voulez-vous un conseil? Ne les imitez pas, ayez votre propre personnalité, restez vous-même.

Je suis très heureuse de communiquer avec vous et j'attends impatiemment de vos nouvelles.
 
Affectueusement,

Charlène


Chère Charlène,

Je vous prie de m'excuser pour ce long silence, mais je viens à peine de revenir au château de Fleurville. Madame de Fleurville nous a emmenés, Madeleine, Camille, Marguerite, Paul et moi, à Paris. C'était la troisième fois que j'y venais, mais celle-ci fut certainement la meilleure! Pourtant, cette ville me fait peur: il y a plein de vagabonds, et les rues sont sales et sentent mauvais. Mais comme on s'est amusés! Ainsi, je viens juste de rentrer au château, et quelle bonne surprise de voir que j'ai de nouvelles correspondantes!

Ma chère Charlène, je me ferai un plaisir de répondre à vos lettres. Ainsi, vous m'écrivez pour un devoir de collège. Je ne sais pas vraiment ce qu'est le collège mais j'ai entendu l'autre jour madame de Rosbourg parler à son mari au sujet de Paul, car je crois que Paul ira bientôt au collège lui aussi. C'est un lieu où les garçons apprennent, n'est-ce pas? Mais donc, pourquoi allez-vous au collège, si vous êtes une fille? J'aimerais bien aller au collège, rencontrer d'autres enfants. Cela doit être tellement amusant! Mais les leçons de collège sont-elles difficiles? Êtes-vous une bonne élève?

Oh, lorsque vous me parlez de ma bonne, vous devez sûrement parler de Lucie. D'ailleurs, que devient-elle? J'aimerais tellement la revoir. C'est de ma faute si ma mère l'a fait partir. J'étais si méchante et égoïste à cette époque. Je vais demander à madame de Fleurville comment revoir ma petite Lucie et vous dirai ce qu'il en est. Quant à mon cousin Paul, il est certain que c'est un garçon bon et courageux. Le revoir après tant d'années d'absence fut pour moi la meilleure chose qui puisse arriver!

Je suis ravie de parler avec vous et espère que nous deviendrons amies. J'attends votre prochaine lettre avec impatience!

Amicalement,

Sophie