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Ma très chère Sophie,
Cela fait fort longtemps que je ne t'ai pas vue! Je
t'ai fait parvenir une nouvelle poupée qui m’a l'air très sympathique. À quand
sont programmées nos retrouvailles? La poupée que tu avais laisse brûler au
soleil va-t-elle bien? Tu as dû être extrêmement déçue, tu aimais tant cette
poupée!
Ta mère m'a invitée, ces vacances, à passer quelques jours dans
ton domaine! Y aura-t-il Paul? En parlant de celui-ci, comment
va-t-il?
C'est bientôt Noël donc j'ai prévu une petite fête pour nos
sympathiques retrouvailles. J'ai le regret de t'avouer que moi aussi je me suis
procuré une de ces magnifiques poupées. Je ne vis plus que pour
elle!
Fais tu toujours autant de bêtises qu'avant? Mes parents veulent
déménager donc je risque de venir quelque temps loger chez toi, cela te
pose-t-il un souci? Je vais pouvoir retrouver Camille, Madeleine et Paul. Vous
m'avez tellement manqué!
J'ai appris ton passage au collège, je suis bien
contente pour toi: je rêverais d'aller un jour au collège, mais mes parents
préfèrent me voir travailler au château. Ils pensent que si j'allais au collège
je n'aurais pas de bonnes fréquentations. C'est pour cela que je n'ai que toi,
Madeleine, Camille et Pauls comme amis. Je n'ai pas le droit de sortir,
contrairement à toi.
En attendant les prochaines vacances, mes amitiés
les plus sincères.
Ta dévouée Keeva
Projet scolaire collège
Tivoli.
Chère Keeva,
Laisse-moi tout d'abord te demander pardon pour
cette longue absence. Vois-tu, nous avons passé quelques mois au
château de Réan et les lettres de mes correspondants sont restées au
château de Fleurville. Ta lettre m'a beaucoup réjoui! Elle est si
longue! Mais de quand date-t-elle? Peut-être l'avais-tu écrite il y a
des années et as tu décidé de me l'envoyer maintenant? Ou peut être ne
connais-tu pas la mauvaise nouvelle. Ma chère Keeva, ma pauvre mère est
morte et il y a deux ans de cela. Mon père aussi. Je vis à présent chez
madame de Fleurville, avec monsieur et madame de Rosbourg, mon cousin
Paul, Camille, Madeleine et Marguerite. Ma pauvre poupée est dans mes
bras à l'instant où je t'écris cette lettre. J'espère que la mort de
mes parents ne t'affectera pas...
Madame de Fleurville est
enchantée de ta venue. Elle m'a dit que tu dormirais dans ma chambre!
Nous installerons un deuxième lit! Je suis si pressée que tu viennes,
nous pourrons parler ensemble le soir avant de s'endormir!
En t'attendant impatiemment,
Je t'embrasse,
Sophie
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