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De Cadichon à Sophie de Réan:
Chère petite amie,
L'on vient de me faire savoir que je puis dès à
présent communiquer avec des correspondants grâce à
la machine à traverser le temps de Dialogus. Vous le voyez, j'ai
bien suivi votre exemple et votre conseil, et me voici en passe de
devenir, comme vous, un épistolier de l'avenir!
Ainsi
j'ai eu accès à votre correspondance, que j'ai lue avec
grand plaisir, et je trouve bien aimable et touchante votre bonne amie
Francine.
Je mets mon naseau gauche, celui que vous trouvez si doux, dans votre petit cou rose et j'y souffle un tendre baiser.
Cadichon, âne épistolier à présent!
Mon très cher Cadichon,
Comme je suis contente de voir que tu es enfin arrivé! Je me
demandais depuis quelques temps quand tu pourrais m'écrire, si
bien que madame de Fleurville m'a fait remarquer mon impatience. C'est
un défaut qui me suit toujours, comme tu peux le constater.
Je suis ravie de voir que tu as apprécié mon amie
Francine, nous entretenons une correspondance suivie depuis quelques
temps, et elle continue de m'écrire même si parfois il me
faut assez longtemps pour lui répondre. J'ai encore un peu de
mal avec l'écriture.
Il est vrai, mon cher âne, que j'aime la douceur de tes naseaux.
Tu sais être si doux et si touchant à la fois. J'aimerais
caresser encore ton museau.
Sophie qui t'aime
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