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Kevin |
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Madame Fichini |
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Bonjour ma chère Sophie,
Cher Kevin, Tout d'abord je tiens à m'excuser pour le temps que j'ai mis à te répondre. Je ne sais pas s'il me sera un jour possible de pardonner à madame Fichini la peur qu'elle a placée au fond de mon coeur. La pensée de la voir un jour revenir me prendre m'horrifie et me glace le sang dans les veines. Il est vrai que madame de Fleurville est une femme extraordinaire. Elle m'apprend beaucoup de choses sur moi-même et comment me comporter pour être sage. Camille et Madeleine vont très bien, elles te redonnent le bonjour. Je souhaiterais aussi devenir ton amie. Bien à toi, Sophie
Bonjour Sophie, Je ne t'en veux pas pour ta réponse tardive. Je suis très honoré de discuter avec toi. J'aurais tellement aimé te connaître. Il est vrai que madame Fichini a été cruelle envers toi. Je te remercie d'avoir passé le bonjour à Camille et Madeleine. Sinon Paul et toi étant petits, vous vous chamailliez énormément, c'était marrant, mais tu l'adores Paul, n'est ce pas? Tu es tombé amoureuse de Jean à quel âge si ce n'est pas indiscret? Jean est un homme bon et gentil. Sinon, tu aimes quoi dans la vie? Bien amicalement à toi, Cocochounettte
Ma chère amie, Je te remercie pour ta lettre. Paul et moi nous passions en vérité tout notre temps à nous chamailler. Pourtant, Paul ne cessait jamais de me protéger. Il faisait en sorte de minimiser mes bêtises auprès de maman. Il m'a même sauvée des loups au péril de sa propre vie. Mon petit Paul me manque, je ne l'ai pas revu depuis cet affreux jour de naufrage. J'espère tant pouvoir un jour le serrer à nouveau dans mes bras. J'aimerais qu'il vît comme sa chère Sophie est devenue sage. Je ne comprends pas bien le sens de ta question concernant Jean. Je ne l'ai vu qu'une seule fois, et même s'il à l'air bon, je l'ai trouvé un peu trop sûr de lui. Je me trouve quant à moi bien trop jeune pour me soucier des questions d'amour pour l'instant. Dans la vie, j'aime surtout la nature, et la lecture. Madame de Fleurville nous fait souvent la lecture d'aventures extraordinaires, et maintenant que je sais lire à mon tour, je sais que je le ferai également pour mes enfants. Bien à toi, Sophie
Ah… Roxane… charmante Roxane, Votre mémoire semble profondément bouleversée par les événements que vous avez endurés, et c'est bien volontiers que je vous en excuse. Mais permettez-moi de rectifier des propos qu'un certain Cyrano eût pu déformer… Certes, la flamme qui emplit mon coeur dès l'instant où je vous vis ne fit qu'attirer ses foudres sur moi. Quel mal y a-t-il à aimer, n'est-ce pas là le sentiment le plus simple et le plus pur au monde? Quelle offense aurais-je pu commettre à votre égard, ai-je un quelconque instant manqué de respect envers vous? Si d'aventure votre bien aimé m'eut appelé «roi des pitres», sachez ô combien cette remarque me blessa. Je ne méritai point un tel discrédit, qui plus est à l'Hôtel de Bourgogne, devant un public qui ne fit qu'accentuer mon ridicule par de brèves et odieuses querelles à mon égard. La scène devint le théâtre d'un déballage de railleries et quolibets qui desservirent la troupe autant que moi-même. Votre Cyrano gloussa devant l'emphase de mes déclamations, mais n'ai-je point été acclamé par une foule de précieux pour ce modeste talent? Se peut-il que l'on renie ce qu'autrefois l'on adora? Je persiste à croire que la jalousie guida ses paroles, quel sentiment eût été suffisamment fort pour le pousser à agir de la sorte? Voyez, belle Roxane, comme mon coeur ne se dissimule point, et apprenez-moi donc les propos que je vous tins et qui vous offensèrent. Mon souvenir demeure véritablement perdu dans des abîmes ombreux, je ne m'en souviens guère, hélas… J'apprendrai, non pas à vous oublier, mais à garder secret le transport qui me pousse à vous dévoiler ma flamme, si tel est votre plus pur désir. Mais auparavant, instruisez-moi à propos de ces paroles fâcheuses et assurez-moi de votre pardon, sans lequel je ne saurai vivre. Votre dévoué, Montfleury
Ma chère amie, Je comprends que tu ais été occupée ces temps-ci, il en va de même pour moi. En effet je ne me souviens pas bien de Jean, je ne saurais t'en dire plus quant à lui. J'ai beaucoup de peine pour mon cher Paul, j'aimerais tant le revoir un jour! J'ignore s'il a lui aussi disparu dans la tempête sur le bateau. J'espère le retrouver bien vite, madame de Rosbourg dit qu'il ne faut jamais perdre espoir et que Paul et son mari reviendront sans doute. Tu sais, je suis moi aussi très heureuse de pouvoir communiquer avec toi; je n'aurais jamais pensé que tant de personnes auraient envie de me connaitre! Je te comprends tout à fait pour les myrtilles, elles sont tellement délicieuses que c'est une vraie torture de leur résister. Chaque fois que nous allons en cueillir, mon panier semble toujours bien vide comparé à celui de mes amies Madeleine et Camille. En vérité quand j'en cueille une je me récompense en dévorant la suivante... Je te souhaite une bonne nuit, Sophie |
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