[audisalec+hotmail.com]
écrit à

   


Sophie de Réan

     
   

Cela fait bien longtemps... 

   
Madame Élisa de Sainte-Rose
Château de Sainte-Rose
94000 Créteil
À Mademoiselle Sophie de Réan
Château de Fleurville
À Créteil, le 1/02/2006

Chère Mademoiselle Sophie,

Cela fait bien longtemps que je ne vous ai vue au château. Je me rappelle du temps où vous y viviez avec votre mère, vous veniez souvent dérober des fraises dans ma cuisine! J'imagine que vous avez bien grandi depuis ce temps-là, vous me manquez beaucoup et je souhaiterais que vous veniez samedi à mon mariage. Ce serait bien si vous veniez avec Camille, Madeleine et Marguerite, je voudrais bien les revoir elles aussi.

En tout cas, je suis heureuse que vous soyez avec Madame de Fleurville et Madame de Rosbourg car elles ne vous battraient jamais, elles sont si gentilles! J'imagine que Madame Fichini ne vous manque pas! Moi non plus d'ailleurs, rien qu'à l'idée de prononcer son nom cela me donne des frissons... J'attends votre réponse avec impatience, avec la confirmation de votre venue samedi.

Votre servante adorée, Élisa.


Ma très chère Élisa,

Je ne t'ai pas oubliée. Je me souviens aussi de ce temps-là. Il est vrai que j'ai toujours eu tendance à faire des bêtises. Ma chère Élisa, oui j'ai grandi, j'ai huit ans maintenant. Je voudrais tout d'abord vous adresser mes sincères félicitations pour votre mariage à toi et à ton fiancé. Comment s'appelle l'heureux élu? J'ai demandé à madame de Fleurville s'il était possible que nous venions samedi et elle a accepté. Nous viendrons donc samedi au château fêter avec vous cet heureux évènement et je serais plus que jamais heureuse de te revoir.

Quant à madame Fichini, le fait seul d'avoir ici à écrire son nom me glace d'effroi. Tu as raison de dire qu'elle ne me manque pas Élisa, en réalité je crains plutôt son retour. Elle n'est pas encore venue me chercher, elle n'est pas encore revenue d'Italie et à chaque fois que je pense qu'elle pourrait me reprendre de Fleurville où je suis si heureuse et m'enlever le bonheur d'être avec mes amies, j'en tremble. Je suis heureuse ici et madame de Fleurville est une dame admirable et aimante qui me considère comme sa fille. Parfois j'aimerais que maman soit encore avec moi pour voir comme je change et comme j'essaie de devenir bonne. Mais je reste persuadée que là où elle se trouve, elle se sent un peu fière de sa Sophie.

Bien à toi mon amie, dans l'attente trop impatiente de te voir,

Sophie