Lettre d'acceptation
de Sophie de Réan
à l'Éditeur
       
       
         
         

Sophie de Réan

      Bonjour à vous cher Monsieur Dumontais.

Pardonnez-moi pour le temps que j'ai mis à vous répondre, mais j'ai été punie dans le cabinet de pénitence juste après avoir reçu votre lettre. Il faut dire que j'avais été bien méchante et bien avare de vouloir frapper Marguerite qui voulait seulement faire des confitures de cerises pour les donner à la pauvre femme Jean qui est malade.

Depuis que je vis avec mes amies, je me sens beaucoup mieux, et je sais que Madame de Fleurville, qui est une personne si douce et si tendre, ne conserve aucun mauvais sentiment contre moi malgré le fait que je suis parfois si méchante et si détestable.

Vous me demandez si j'accepterais de correspondre avec de nouveaux amis d'un autre temps, et j'accepte avec joie, même s’il me faudra faire des efforts car Marguerite est bien meilleure que moi pour l'écriture, je le sais bien. J'espère vite progresser avec l'aide de mes chères amies qui sont si patientes avec moi. Je prie aussi le bon Dieu chaque jour pour qu'il m'aide à devenir aussi bonne que Camille et pour que ma belle-mère Madame Fichini ne revienne pas me chercher. Je ne puis retenir mes larmes à chaque fois que je pense à cette éventualité.

Sophie de Réan,

Fleurville, 1857