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Laurent |
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Lettre à Raspoutine |
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| Grigori, Vous ne m'inspirez que du dégoût, vous êtes le mal en personne. Non seulement vous salissez toute la famille impériale, mais également toute la Russie, tout ça en étant un agent de l'Allemagne. Malgré toute ma haine, je peux vous donner un excellent conseil: acceptez l'invitation du prince Youssoupov un soir de décembre 1916, il vous présentera sa charmante épouse, et après un succulent dîner, vous fera une surprise magnifique et qui, j'espère, vous fera mourir de plaisir. Mes salutations, Laurent Bonjour Laurent, Ce serait mentir que de dire que ta lettre me laisse indifférent. J'ai pu ressentir dans tes mots, toute la haine et le dégoût que tu ressentais à mon égard, et cela m'attriste sincèrement. Je sais très bien qu'on ne peut pas plaire à tout le monde et je déplore le fait que tu me détestes autant car je ne t'ai rien fait. Je ne suis pas sans savoir toutes les choses qui circulent sur mon compte... Certaines sont vraies, d'autres sont complètement fausses et ne cherchent qu'à me soustraire à mes amis, les tsars. C'est d'ailleurs pour cette raison que je suis sur ce site! C'est la seule façon que j'ai trouvée de pouvoir rétablir les faits et faire connaître qui je suis vraiment. Je ne suis pas un saint, c'est vrai, mais je ne suis pas non plus l'incarnation du mal! Il faut que tu saches que dans la vie, rien n'est tout noir, rien n'est tout blanc; on peut trouver du bon dans ce qui est mauvais et on peut trouver du mauvais dans ce qui est bon. L'Homme le plus mauvais a tout de même une parcelle divine en lui, tout comme toi et moi, et ce n'est point à nous de le juger, mais cela revient au Seigneur. Pour ma part, si j'ai fait du tort à mon pays et à la famille impériale, de tout mon coeur, je demande pardon car je n'ai jamais eu l'intention de nuire à quiconque. Je ne suis qu'un paysan illettré! Je suis conscient qu'au début, je n'avais rien, et maintenant j'ai trop, mais je n'ai jamais voulu de mal à personne. Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait par amour pour le bien de la famille impériale et pour le bien de mon pays, la Russie. Mais je te jure que jamais, je n'ai été un agent pour le compte de l'Allemagne. À cause de ses origines allemandes, plusieurs ont aussi faussement accusé notre tsarine, l'impératrice Aleksandra, d'être un agent de l'Allemagne et moi également, par ricochet, mais tout cela n'est qu'un tissu de mensonge et est le résultat d'une campagne de salissage. Je te prie de me croire! Je ne suis qu'un pauvre paysan sans instruction. Je ne peux pas être tenu pour responsable de tous les problèmes de la Russie, ni des guerres. C'est la pauvreté et la trop grande différence entre la classe aisée et les pauvres, qui en est cause. Les riches aristocrates et la noblesse accumulent toujours plus de roubles alors que le peuple -le pauvre ouvrier ou le paysan surexploité- s'appauvrit et n'a plus un kopeck pour nourrir sa famille. Dans les campagnes de Sibérie, nos enfants meurent en bas âge parce qu 'ils n'ont pas suffisamment de nourriture saine pour affronter le dur climat qui y sévit. Lorsque j'ai fait la connaissance du Tsar, il était loin de son peuple et ne connaissait pas les aspirations profondes de celui-ci. Comme je suis moi-même un paysan, je l'ai sensibilisé à cela. Maintenant, les Tsars sont plus à l'écoute du peuple russe mais cela agace l'aristocratie et la noblesse qui craint pour son or et ses richesses. Si je suis dans l'entourage de l'impératrice et du Tsarévitch Alekseï, c'est uniquement parce qu'ils avaient besoin de moi, de mes prières et de mes dons de guérisseur. J'ai toujours été de bonne foi et je crois sincèrement que je les ai aidés. Non seulement j'ai pu calmer et soulager les crises d'hémophilie du Tsarévitch mais grâce à mon don, à ma foi et à mes prières, ces crises se sont espacées. J'ai réussi à apaiser les angoisses de notre petite mère, la Tsarine Aleksandra, en soulageant son fil unique et lorsqu'elle est inquiète ou nerveuse, j'arrive à la calmer par des paroles réconfortantes; elle ne s'est jamais portée aussi bien depuis plusieurs années, son entourage pourra te le confirmer. Cher Laurent, je ne comprends pas ta haine et ton hostilité à mon égard. Comme je le dis souvent, une médaille a toujours deux côtés et l'on ne peut réellement savoir que lorsqu'on a examiné ses deux faces. Si après avoir lu ma lettre, tu me détestes toujours autant, je le respecterai mais au moins, j'aurai tenté de te montrer mon vrai visage. Sincèrement, Grigori Raspoutine |
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