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Gerard.Lison@RVPONP.FGOV.BE |
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Lénine et la Révolution |
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| Cher Monsieur Raspoutine, Je vous écris au sujet de la guerre mondiale et des mouvements terroristes anarchistes qui menacent le trône de la Russie. Quelles méthodes proposez-vous pour combattre et surtout vaincre les ennemis intérieurs et extérieurs du pays? Si vous veniez à rencontrer ce Vladimir Illich Oulianov qui se fait appeler Lénine et qui depuis la Suisse lance de continuelles invectives contre la Couronne de Ses Majestés, que feriez-vous pour l'amener à renoncer à ses funestes ambitions révolutionnaires? Cordialement, G Lison Bonjour chère Lison, Tout d'abord, il faut savoir que la violence engendre la violence et que le sang appelle le sang... La violence ne règlera jamais rien, ma belle. Je ne connais pas ce Vladimir Illich Oulianov dit Lénine, dont tu me parles, mais si je venais à le rencontrer, je sais que je ne serais pas d'accord avec ses ambitions révolutionnaires. Je lui parlerais de la charmante petite famille que sont les tsars afin qu'il puisse voir les personnes humaines qui se cachent derrière le titre de noblesse. Je lui dirais qu'au lieu d'invectiver sa Majesté, il devrait chercher, tout comme moi, à unir et à rapprocher le peuple de notre batioushka, notre père, le tsar. Notre petit père et notre petite mère ne sont pas insensibles aux malheurs de leurs sujets. Ce n'est pas en tapant du poing qu'Oulianov règlera les problèmes qui affligent le peuple russe. Je suis un moujik, un paysan... la pauvreté, je la connais, je la côtoie et je sais ce que c'est que de manger son pain sec. Je ne me gêne pas pour raconter aux tsars tout ce que mes yeux peuvent voir de cette pauvreté et de cette misère. Il m'arrive très souvent de donner les quelques kopecks ou quelques roubles que j'ai dans ma bourse. Malheureusement, dans notre monde, il y a des gens qui ne savent pas faire autrement que d'imposer leurs idées par la violence et les actes terroristes et barbares... je trouve toute cette violence gratuite dégueulasse, mais malheureusement, je ne peux pas changer le monde car si je le pouvais, j'effacerais toute cette haine de leur coeur... Je suis convaincu qu'il y a d'autres moyens de faire valoir ses idées que par la violence. Pour ma part, je préfère discuter et me servir de mon don de persuasion pour faire valoir mon point de vue. Il vaut cent fois mieux amener les autres à comprendre nos idées et à les gagner à notre cause par le dialogue... moi j'appelle ça, user de finesse et de stratégie! Je n'impose rien à personne mais ordinairement, je sais, par mes paroles, convaincre et rallier les gens à ma cause. Tu me demandais quelles méthodes je propose pour combattre et surtout vaincre les ennemis intérieurs et extérieurs du pays? Je te répondrai que je ne sais pas, douchka... Même si je suis contre la guerre, c'est sûr que nous devons nous défendre contre nos ennemis mais nous ne devrions user de violence que pour notre propre défense et non pour soumettre les autres à notre volonté, pour satisfaire notre orgueil ou par malice. Grigori Raspoutine Cher Monsieur Raspoutine, Je pense que vous devriez vous informer plus avant des projets disons... MORTELS de cet Oulianov et si vos cheveux n'en blanchissent pas avant l'âge c'est que vous avez le coeur bien accroché! Pour votre information cet Oulianov est le frère cadet du révolutionnaire Alexandre Oulianov qui fut exécuté sous le règne du tsar Alexandre III et, depuis son adolescence, il tente par tous les moyens de renverser la monarchie russe, en attendant de faire de même des autres monarchies, et de l'exterminer physiquement à la baïonnette s'il le faut! Il a l'intention d'abolir dans le sang toute résistance et n'a pas hésité à déclarer dernièrement «Il y a cent millions de paysans en Russie, si pour construire le socialisme (mon système politique) je dois tuer 50% de la population, eh bien je construirai le socialisme avec les 50 millions de paysans restants» Ce qui vous donne une idée du personnage... Alors soyez très vigilants et méfiez-vous aussi des aristocrates de la cour impériale, certains ne vous aiment vraiment pas! Amicalement, G Lison Tout d'abord, spaciba (merci) pour ta confiance et tes conseils, très chère Lison! Sois certaine que je prends ta mise en garde très au sérieux et je vais de ce pas informer les tsars de ce qui se trame. Je vais conseiller à «papa» de faire en sorte que cet Oulianov ne puisse rentrer au pays et qu'il reste en Suisse, où il est. Si cet homme est aussi dangereux que tu me le dis, il est certain qu'il représente une grande menace pour notre tsar et sa famille. Ce que tu me dis là vient confirmer mes pires craintes, douchka. Je dois te faire une confidence, ma belle. Depuis quelque temps déjà, j'ai de terribles prémonitions. Je vois des rivières de larmes et des océans de sang et j'ai peur pour papa, maman et leurs cinq enfants. Je vois la débâcle de l'empire et la fin désastreuse de la guerre ainsi que ma propre mort qui précédera de peu la fin du régime impérial... je sens que ma fin est toute proche... on me tuera. Je sais que je mourrai dans d'atroces souffrances. Après ma mort, mon corps n'aura point de repos. Moins de trois mois après ma mort, notre tsar perdra sa couronne. Lui, son fils ainsi que toute sa famille seront massacrés, après quoi, un déluge terrible passera sur la Russie, puis elle tombera entre les mains du Diable. J'ai si peur, ma belle! Chaque jour qui passe, je prie notre Seigneur afin qu'il éloigne de moi cette coupe et qu'il épargne les tsars. Tu vois, autrefois je vivais comme un saint homme. À présent, je ne suis plus qu'un diable, un vil démon qui se saoule des nuits entières chez les Tsiganes afin d'y chercher un oubli que je n'y trouve pas. Je n'arrive pas à oublier ces visions de terreur qui me hantent. Plus l'étau se resserre autour de moi et plus j'ai besoin de boire jusqu'au petit matin, de m'enivrer, de chanter et de danser en compagnie de mes amis les Tsiganes. La seule chose que je pourrais faire pour arrêter la marche du destin serait de fuir Tsarskoïe Selo et l'impératrice pour me réfugier en Sibérie, mais je ne peux m'y résoudre. Je me sens incapable d'abandonner à son triste sort notre petite mère, la tsarine Aleksandra. Elle a mis toute sa confiance en moi et elle est entourée de tant de malveillance. Elle est si seule, si vulnérable depuis que son époux le tsar est parti au loin pour commander les armées... mon départ ressemblerait à une fuite. Non, quoi qu'il arrive, je resterai auprès des tsars même si je dois le payer de mon sang et de ma vie. Encore merci pour ton aide, Lison! Je t'embrasse. Grigori Raspoutine Cher Monsieur Raspoutine, Pour cet Oulianov, je serais plutôt partisan de mesures plus radicales, mais, bon, on n'est pas tous des assassins, n'est-ce pas? Enfin, ce qui doit arriver arrivera, car nous ne sommes pas Dieu. Je prie pour votre salut. G. Lison |
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