Antonietta
écrit à

Rantanplan
| Hello Rantanplan! Comment vas-tu? Dis, quel est ton plat préféré? Comme ça, si je te croise, je saurai quelle friandise te donner. Assiette-toi là! Bon appétit! Big... caresses (ben oui, embrasser un chien...), et envoie mes amitiés à Luke et aux Dalton, Antonietta Amie Antonietta, Waf! Vous voulez sincèrement faire un petit tour au pénitencier pour m'apporter de la nourriture? Dans ce cas, vous devriez télégraphier un message aux Dalton, ils vous donneraient quelques indications touristiques sur le désert, ses cactus, ses loisirs, ses saloons, ses bandits-manchots, ses potences... et surtout vous auriez un panorama complet des différents centres de détention de l'Ouest, histoire de faire votre choix d'hébergement. Celui dont je suis le fier résident possède une vue magnifique sur le désert, et entre les barreaux on distingue parfois les trous d'aération, creusés par les prisonniers à l'extérieur du bâtiment, qui sont reliés directement aux cellules*. Seulement, il faut vous y prendre à l'avance pour réserver, les places sont très demandées par les temps qui courent. Il me semble bien que Joe et ses frères, après avoir eu une CPE (cellule à perpétuité éternelle) y ont désormais une CDI (cellule à détention indéterminée), et je me réjouis pour eux, de si braves et honnêtes citoyens, toujours prêts à m'abreuver de caresse à l'arrière-train (qui en rougit encore) et à m'adresser des mots tendres et affectueux... Le Directeur Pavlov vous offre même la tenue d'abeille pour les soirées costumées organisées quotidiennement. C'est à cela qu'on distingue le personnel des clients, paraît-il. Mais qu'ils sont bêtes, c'est pourtant simple, les clients sont ceux qui portent le boulet... Pourquoi l'Ouest est-il fait de sots que je suis dans l'obligation de secourir grâce à mon raisonnement infaillible? Foi de toutou, je frôle le surmenage en ce moment, vous savez... Il faut que je m'oblige à dormir davantage... l'insomnie me guette... Si vous m'apportez dans une gamelle de la choucroute, des saucisses, du mouton de canyon-salé (au goudron et aux plumes) ou un os de pendu, je vous ferai le plus gros des câlins, c'est ma spécialité. Le tout est de ne pas rater ma cible... Spécialement pour vous, je mangerai un gigot faisandé, histoire d'avoir l'haleine fraîche lorsque je vous lècherai affectueusement la joue en signe de reconnaissance. Venez entre deux siestes surtout, le travail d'accueil que j'effectue est épuisant vous savez, il est difficile d'être toujours en forme, alors je compense par de micro sommeils de trois heures entre les veilles de dix minutes... Bien à wouf! Rantanplan * ancêtre de l'air conditionné (NDLR) Mon cher Rantanplan, Si je passe au pénitencier, c'est juste pour apporter ta nourriture, pas pour réserver une cellule! Lucky Luke pourra d'ailleurs me guider, car les pénitenciers avec vue sur le désert sont monnaie courante. Quant aux Dalton, tu ne penses pas que tu devrais leur rendre la pareille et les mordiller affectueusement? Un bon coup de dents dans l'arrière-train ou un grand coup de langue sur le visage, ponctués d'aboiements joyeux, ne font de tort à personne. Tu as un aboiement sympathique de la part de ma petite chienne. Je te caresse un peu la tête... ou les oreilles? Antonietta Amie Antonietta, Wouf... Je préfère que vous me caressiez le museau, mes oreilles doivent rester actives en permanence pour surveiller toute personne suspecte qui souhaiterait pénétrer dans le pénitencier. Je ne voudrais pas que les clients se plaignent de mon travail parce qu'ils sont ennuyés par des gens importuns. Toute personne non déguisée en abeille ne sera pas admise dans l'enceinte de la prison, et je me mets un point d'honneur à leur barrer la route en me couchant sur le sol, à leurs pattes. Qu'ils me passent d'abord sur le corps quand je monte la garde! Les résidents, quant à eux, peuvent aller et venir comme ils l'entendent, à condition qu'ils aient leur carte VIP (very important prisoner) sur eux, ou leur boulet, comme Joe, Jack, William ou Averell. Antonietta, vous ne me paraissez point bien maligne, comment pouvez-vous confondre les pénitenciers de la sorte? Je vais vous donner une indication: la résidence est située près du troisième cactus à gauche du fil qui chante. Cela me paraît clair. Waf... N'est pas Rantanplan qui veut, malheureusement pour vous, et je devine une pointe de jalousie sous-jacente dans votre esprit... Ne soyez pas triste, ne prenez pas cet air de chien battu... Vous avez le privilège de connaître Rantanplan, ce n'est déjà pas si mal, peu de personnes peuvent se targuer d'en connaître autant sur ma personne. Mais croyez-vous vraiment que je ne montre aucune marque d'affection aux adorables frères Dalton? J'ai la reconnaissance du ventre, moi Madame! Je saute dans les bras des Dalton, et je frotte mon flanc contre leurs pattes pour qu'ils s'imprègnent de mon odeur. Après, grâce à mon flair légendaire, je peux retrouver mon territoire... Ce que je ne comprends cependant pas, c'est que mon territoire change sans cesse de place, et parfois se retrouve hors du pénitencier... Pour ne pas le perdre, je suis aveuglément les quatre frères, où qu'ils aillent. Nous sommes enchaînés... notre lien est très fort. Ces honnêtes citoyens forment mon périmètre de sécurité. Ce sont mes saint-bernard à moi... D'ailleurs, en récompense de ma loyauté, ils me nourrissent de leurs adorables caresses... mais peut-être n'ont-ils pas compris que mon estomac ne se situait pas à cet endroit stratégique qu'est l'entre-deux pattes... Devrais-je leur montrer davantage d' affection? Il faudrait que je marque mon territoire sur leur costume de manière plus affirmée et odorante, afin qu'ils ne m'oublient pas... En attendant l'arrivée de vos provisions, je vais me délecter de ma pitance... Bien à wouf! Rant'... the poor lonesome cowdog... Rantanplan, Si tu préfères une caresse sur le museau, ça va aussi. Mais ne me saute pas dans les bras, tu serais sûrement capable de m'écraser, tu dois peser plus lourd que moi (je fais 25 kg seulement, pour 1m 30). Et si tu crois que te coucher m'empêchera de passer... tu oublies que je peux t'enjamber! Luke passe bien au pénitencier de temps en temps. Si je n'ai pas pu définir ton pénitencier, c'est parce que je ne suis jamais allée dans l'Ouest, mais je prends note de tes indications pour plus tard. Je n'ai pas la carte VIP mais j'ai la carte SOS (Sortie Organisée Scientifiquement) et donc il suffira que je la montre au directeur pour qu'il me laisse passer. Je t'envoie ici, par colis, ta choucroute, j'ai ajouté des saucisses et du petit salé, j'espère que tu aimeras. Big caresse! Antonietta Amie Antonietta, Waouf! Votre colis m'est bien parvenu par messager de l'Ouest, merci! Cependant, je dois vous dire qu'il était un peu dur à mastiquer et à déglutir, votre paquet... J'en ai encore des crampes d'estomac. Ah, si ce brave Joe pouvait me donner quelques caresses à l'arrière-train, je digèrerais sans doute mieux. Mais vous n'êtes jamais contente, jeune amie, vous refusez que je vous témoigne de mon affection en sautant dans vos bras, vous voulez m'enjamber alors que je me monte la garde... Je parie que vous n'accepteriez pas que je vous lèche la figure! Quelle tique vous pique donc là? Trouvez-vous que ce soient des manières de vous adresser à un chien racé de mon espèce? Moi qui me suis distingué par le nombre de puces et de bandits attrapés! Mon flair à toute épreuve me pousse à me méfier de vous et de vos colis peu comestibles... et mon oeil aiguisé de coyote me fait reconnaître l'affection là où il y en a, mais vos agissements me paraissent suspects. Alors si vous pénétrez dans le pénitencier, montrez pattes blanches, et ne faites pas la cabotine... Foi de toutou, comme je suis un gardien exemplaire, je serai insensible à votre air de chien battu, quoi qu'il advienne. La règle de la prison est d'or: on sort, mais on n'entre pas, compris? Je vous abandonne, ma sieste digestive m'appelle. Bien à wouf! Rantanplan Cher Rantanplan, As-tu seulement ouvert le colis avant de le dévorer? Je l'avais bien entendu emballé pour éviter les dégâts, et ce, dans du carton! Mais compte tenu de ta bêtise légendaire, je vais donc t'envoyer un gigot SANS EMBALLAGE pour que tu puisses le dévorer tout de suite. bon appétit! Je veux bien que tu me lèches la figure (tu goûteras à mon fard à joue ou à mon rouge à lèvres), mais épargne ma robe, que je ne sois pas trempée. Connaissant ta vue légendaire (qui ne va pas plus loin que le bout de ton gros museau) je ne saurai pas échapper à tes jappements mais ne t'inquiète pas, gros imbécile, je ne ferai pas la cabotine, j'arriverai en carrosse et lorsqu'on ouvrira la porte à deux battants en annoncant la vicomtesse von Lauenstein-Lünnenburg, tu feras peut-être moins le fier, tas de graisse! Et si tu veux me sauter dans les bras, je te conseille de maigrir pour ne pas m'écraser sinon le chef du pénitentier te fera sentir la sanction du crime de lèse-majesté! Quand tu auras compris qu'à la prison on entre mais on ne sort pas, peut-être pourras-tu recevoir plus de nourriture... bien à twaf, Antonietta Amie Antonietta, Voilà qui est beaucoup mieux! J'aime quand vous me répondez avec des paroles remplies de tendresse et d'affection! Un chien racé tel que moi ne saurait subir autant d'affront. Nom d'un chien, ma valeur n'a d'égale que ma malice, et je ne saurais souffrir des propos désobligeants. Votre gigot m'est parvenu... ou devrais-je dire votre os de gigot... Pourtant, Averell me l'a transmis dès qu'il l'a reçu par le messager de l'Ouest, et je lui fais entièrement confiance, c'est une brave bête et, je dois dire, presque aussi futée que moi. Peut-être avez-vous envoyé votre gigot en kit, je patienterai donc quelques jours avant de finir de le ronger... Le sage a dit: ventre affamé patiente après sa pitance (à condition qu'on lui présente une autre gamelle en substitution...). Je suis impatient de goûter à ce que vous nommez du fard! Du fard... West? Du fard... breton? Du fard... d'Alexandrie? Je crois que ses sirènes chantent encore les mêmes mélodies, wouf, wouf, et que sa lumière fait naufrager les papillons de ma jeunesse, waf! Quant au rouge à lèvres, je ne connais que celui de ces bêtes à plumes déguisées qui fument le calumet et qui veulent sans cesse mettre le feu au désert... Quoi qu'il en soit, je me pourlèche déjà les moustaches et je bave d'impatience à l'idée de goûter des mets exotiques! Mais pourquoi parlez-vous d'un crime de lèche-majesté? Je vous prouve mon affection et vous me traitez comme un vulgaire canasson? Je lèche toujours mes amis avec majesté et dignité, non mais! C'est ma patte personnelle... Bien à wouf! Rant'... The poor lonesome cowdog... Très cher Cabot-Sac à Puces, Cette fois j'envoie des saucisses sèches, et des os de côtelettes, Averell ne mange pas d'os! As-tu déjà goûté à du cactus? Je t'amènerai de l'Os Tralie (os cuit sous la cendre) et des Os Tri chiens (une variété de croquettes au mouton et au gigot) quand je viendrai te voir au pénitencier, à moins que je ne les remette à Luke quand il ramènera les Dalton. Du fard à joues, c'est une poudre rose ou brune qu'on met sur les joues. Du rouge à lèvres, c'est une espèce de crème qu'on met sur les lèvres. Les deux ne sont pas bons du tout, je t'assure. Sinon tu as dormi combien de fois aujourd'hui? Et tu as bien mangé dix portions de nourriture? Choucroute? Si toi, Rantanplan, sinistre imbécile, tu te mettais en tête de me lécher, je t'en prie, réfléchis! Je veux bien un coup de langue dans la figure, mais, n'amoche pas ma robe! Bon ben... bon appétit Antonietta Amie Antonietta, Waouf! Tes douces paroles me font frétiller la queue de contentement! J'ai l'impression d'entendre les mots mélodieux que Joe m'énonce quotidiennement. S'il n'était déjà mon maître, je serais en mesure de t'adopter! Tu pourrais ainsi profiter de mes coups de langue et de mes caresses le long de tes pattes. Le cactus ne me réussit pas, il me reste comme qui dirait des aiguilles dans l'estomac chaque fois que j'y goûte. L'effet est sensiblement identique à celui du plomb laissé dans les os des bandits immobilisés par les Dalton, lorsque Averell me procure un tibia pour ma septième pitance. J'ignore quelles sont ces bestioles que tu nommes «Tralie» ou «Tri Chien», mais elles ma paraissent succulentes! J'ai cru entendre, un jour où mon oreille espionnait les conversations ennemies des intrus qui voulaient pénétrer dans le pénitencier, que le Tralie venait de Dakar, mais j'ignore où se trouve ce village indien, sans doute de l'autre côté du canyon. Quant au Tri Chien, je crois me souvenir que Pavlov avait demandé que l'on sépare les os de la viande dans ma gamelle, car il me trouvait trop sélectif paraît-il... S'il croit réduire mes gamelles par ce procédé, il se met la patte dans l'oeil jusqu'au collier. Ton message m'a sorti de ma sixième sieste, waf... et je n'ai pas mon compte de sommeil. Je n'en suis qu'à huit pitances en ce moment, un mal inconnu trouble mon estomac et réduit ma faim... Mais mon flair saura trouver la cause de ce malaise, foi de Toutou! Je retourne à ma surveillance rapprochée... Bien à touah! Rant'... |