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La vérité des apparences |
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| Aimable Pyrrhon, J'ai suivi votre dialogue avec Zas abordant la question de l'apparence de vérité. Or s'est imposée à moi la question de la vérité des apparences. Les apparences étant trompeuses, peut-on dire qu'il y a une vérité des apparences? Cette interrogation induit toute une réflexion sur la vérité, l'usage du discours et une conception du monde qui me paraît essentielle. Le problème qui se pose porte sur la nature des apparences c'est-à-dire si elles peuvent se révéler être vraies alors qu'elles s'avèrent souvent trompeuses! De plus, où se trouve la vérité dans les apparences? Vous voyez à présent comme ce thème est riche en problèmes, et c'est tout ce qui fait son intérêt. Je vous remercie de me donner votre avis qui j'en suis sûre sera aussi intéressant que cette question. Bien à vous, avec ma reconnaissance. Clémentine À Clémentine, Salut! L'envie me vient, à vous lire, de poser une question de plus. La vérité — dont vous vous demandez ce qu'il en est de celle des apparences — est-ce celle qui se loge dans les choses elles-mêmes, (en l'occurrence dans les apparences), ou bien est-ce plutôt celle par laquelle je reconnais la fidélité d'une représentation que je me fais de ces mêmes choses? Que sais-je des apparences? Qu'elles m'apparaissent. Est-ce suffisant pour dire qu'elles sont vraies? Elles ont la consistance que mes sens semblent donner aux choses, c'est-à-dire la consistance que j'accorde moi-même à mes sens. Il m'est impossible de nier cette dernière consistance, mais je ne puis pour autant lui attribuer d'autre signification que celle d'occuper et d'emplir complètement le lieu de ce qui me semble. En déplaçant la question de la vérité de l'être vers la question de la vérité de l'apparence, vous n'avez pas reporté la question de la vérité d'un «objet» sur l'autre, en lui conservant toute sa portée. Vous avez en fait modifié la question de la vérité tout court. Et c'est cette modification de la problématique de la vérité qui fait que je ne puis plus rien en dire: elle n'est pas plus qu'elle n'est pas; elle est et n'est pas; elle n'est ni n'est pas. Car l'apparence est ce qui n'a pas d'être. Pyrrhon. |
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