Amat qui scribet, paedicatur qui leget |
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| Pyrrhon, Septime Sévère a écrit «Celui qui écrit sodomise. Celui qui lit est sodomisé». Quelle est à votre avis la meilleure place à occuper? Sarah Romanin |
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| À Sarah Romani, salut! Est-ce vraiment la bonne traduction de la phrase de Septime Sévère? Je n'ai rien contre la sodomie, qu'elle soit accomplie ou reçue, ni d'ailleurs contre aucune pratique sexuelle dès lors qu'il y a consentement. Or, je crois percevoir dans la forme de votre question une référence péjorative à cet acte. Distinguer entre celui qui sodomise et celui qui est sodomisé, c'est accepter l'image vulgaire de celui qui met et de celui qui se fait mettre, c'est-à-dire de celui qui domine et de celui qui est dominé. C'est aussi, d'une manière ou d'une autre, accepter l'image du mâle qui prévaut et de la femelle (vraie ou fausse) qui subit.(1) Même si l'on ne peut écarter l'hypothèse qu'il y a une relation entre la division sexuelle du travail et la division du "travail" sexuel, il me paraît regrettable de puiser dans la sexualité des comparaisons qui renforcent davantage le sens qu'elles doivent à leur trivialité plutôt qu'à leur caractère métaphorique. Le fait est que je n'ai jamais écrit, sauf sur le site "Dialogus". L'aurais-je fait que je me demande si Septime Sévère dont je ne connais pas les écrits ne visait pas surtout ce qui se passe entre celui qui aime et celui qui se laisse aimer. Très maladroit en latin, je traduis quelque chose comme: «Celui qui aime écrit, celui qui est vanté lit». Ce qui reviendrait à dire: celui qui aime court; celui qui se laisse aimer (sans aimer) laisse courir. Dans le fond, j'ignore ce qui me vaut votre question. Peut-être l'ai-je mal comprise. Peut-être qui sait? cherchiez-vous seulement à ce que je vous écrive,· pour me lire. Pyrrhon. (1) Epicure a su réagir contre le sort exagérément discriminatoire fait aux femmes dans la cité grecque en les accueillant à sa table et en les invitant à la discussion philosophique. |