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Florence
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Pour vous |
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Cher Monsieur Poirot, Pour vous, je me ferai la meurtrière que tout le monde recherche, la complice dans des affaires sordides, pour vous je serai le point mystérieux et culminant de votre carrière. Votre perspicacité arrivera-t-elle à me confondre, vos cellules grises si célèbres, arriveront-elles à me piéger? Je vous admire beaucoup Monsieur Poirot, et si j'ai commencé ainsi en préambule, c'est parce que je suis persuadée que pour vous intéresser, il faut soit être un assasin, soit une victime. Je choisis donc la première option, en prévision d'une course-poursuite et d'un cache-cache avec le plus célèbre détective de tous les temps. Vous voyez, très cher, je suis prête à tout pour vous plaire! Je profite aussi de ce court message pour vous envoyer mon plus amical souvenir et mes regrets éternels de ne pas pouvoir vous connaître davantage. Je baise votre main, Monsieur, et vous salue. Florence Ma chère Florence, Je vous félicite pour votre message que je trouve merveilleusement bien formulé. Mais si cela pouvait vous empêcher de commettre le pire, sachez que j'ai connu autant de personnes intéressantes parmi les gens que j'ai eu l'honneur de rencontrer que parmi les criminels ou les victimes! Ainsi, ceux qui m'ont prêté assistance pour enquêter à mes côtés: mon ami le Capitaine Hastings, l'Inspecteur Japp, le Colonel Race, Madame Olliver et bien d'autres. Pour finir, sachez que je serai ravi de recevoir prochainement un autre de vos messages. Sur ce, je vous salue bien bas. Hercule Poirot Mon cher Hercule (permettez-moi de vous interpeller ainsi), Moi aussi je suis ravie de vous ré-écrire à nouveau! Donc, si je vous comprends bien, il y a beaucoup de gens que vous trouvez intéressants et qui ne sont pas forcément des criminels ou des victimes. Mais les gens que vous me citez là, ce sont des personnes qui sont en rapport avec le crime, d'une façon ou d'une autre. Comprenez-vous où je veux en venir? Croyez-vous que vous auriez autant d'atomes crochus avec une personne qui détesterait l'aventure, le crime, le suspens, l'action? Pensez-vous que le crime est inhérent à la nature humaine? Jusqu'où va votre intégrité, Monsieur? Existe-t-il des exceptions pour lesquelles vous ne dénonceriez pas un ou une coupable? J'ai le souvenir d'avoir vu un épisode où vous protégiez la coupable réelle... J'aime ce que vous représentez, cette force tranquille qui se dégage de vous. Dans ce monde, il manque désespérément de gens tels que vous, et je le regrette infiniment. Vous êtes un modèle, dans le sens où, chaque fois qu'une situation est difficile, vous avez le sang-froid nécesaire pour y faire face. Je ne suis ni un assassin, ni une victime. Donc apparemment, et suivant cette définition, je ne devrais logiquement pas vous intéresser. Mais je crois qu'il y a un paramètre qui fait évoluer une situation, et qui s'appelle la curiosité. Qui suis-je pour défier le plus grand détective de tous les temps? Quel droit ai-je de réclamer des explications? Pardonnez mon impertinence. Sachez seulement que la seule excuse que je puisse vous présenter, c'est mon admiration pour vous. Bien humblement, Florence Ma chère Florence, Pardonnez-moi de n'avoir pu vous répondre plus tôt. Il est vrai que les personnes que je fréquente sont liées à mes enquêtes mais la seule raison est que je n'ai guère pu me construire d'autre vie que ma vie professionnelle. Vous n'avez pas besoin d'être un assassin ou une victime pour m'intéresser. Oui, je pense effectivement que chaque personne ressent un jour ou l'autre l'envie de tuer mais leur conscience les empêchent d'agir. Vous devez certainement parler de cette enquête que j'avais menée en Belgique. Si j'ai laissé cette femme en liberté, c'est qu'elle m'impressionnait. Pour une fois qu'une personne ne tuait pas pour son profit personnel mais pour celui de son pays, j'estimais qu'elle ne méritait pas de finir ses jours en prison. Je vous remercie pour vos compliments et vous adresse mes meilleures salutations. Hercule Poirot Si vous avez laissé cette femme en liberté, Monsieur Poirot, c'est parce que vous aviez des sentiments pour elle. Je ne vous jette pas la pierre, mais ayez l'humilité de le reconnaître. Florence Permettez-moi de corriger mon erreur, ma chère Florence. J'ignorais de quelle femme vous parliez, car j'ai laissé deux femmes en liberté. La vieille femme belge dont je vous parlais précédemment et la comtesse Rossakoff dont vous teniez à me parler. Qu'aurais-je donc à rajouter, puisque vous avez assez bien résumé la situation? Peut-être seriez-vous intéressée de savoir que la comtesse a des tendances kleptomanes et bien qu'espérant qu'elle ne recommencera plus. Au fond je sais bien qu'elle recommencera à voler et que ma faiblesse me poussera à la laisser, une fois de plus, en liberté. Je vous salue et m'excuse encore pour mon erreur de compréhension. Hercule Poirot |
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