| |
|
Guten Tag Monsieur Poirot! Tout
d'abord, laissez-moi vous dire toute mon admiration pour vous. Je
dévore chaque jour une de vos aventures. J'ai beau essayer, jamais je
n'arrive à trouver ne serait-ce qu'un bout de piste! Il m'arrive
parfois de relire certaines histoires, et le plus souvent, le résultat
est le même que la fois précédente. Et pourtant ce n'est pas faute
d'essayer. Mais je n'en tire aucune déception, juste la joie de
redécouvrir à quel point vous êtes génial. Mes cellules
grises sont beaucoup moins actives que les vôtres, et pourtant j'essaie
de reconstituer autant que je le peux votre parcours d'après les écrits
de Mrs Agatha Christie. Dans le courrier qui est publié sur ce site,
j'ai lu que vous ne vouliez pas parler de vos origines, et ce pour des
raisons tout à fait compréhensibles. Pardonnez-moi si je suis
indiscrète, mais je me posais cette question: répugneriez-vous de la
même manière à parler de votre date de naissance? Ensuite,
j'ai remarqué que vous citez souvent Sherlock Holmes, le célèbre
détective anglais. Pour moi, il est aussi réel que vous. Je me
demandais quel comportement vous adopteriez si vous le rencontriez? Amitiés respectueuses, Miss Einsam
Ma chère Miss Einsam, Tout
d’abord je tiens à vous faire part du plaisir que j’ai ressenti en
recevant votre lettre. Je suis toujours ravi de converser avec des
personnes ayant un peu d'admiration pour le travail que
j’effectue et les enquête que je résous. Je puis me permettre de
considérer que vos erreurs de déduction ne sont pas exclusives. Nombre
de mes amis sont également étonnés par mes résolutions, comme mon très
cher capitaine Hastings, l’inspecteur Japp de Scotland Yard ou encore
mon amie écrivain Mrs Oliver. Pourtant s’ils raisonnaient logiquement
et méthodiquement ils ne devraient pas commettre de telles erreurs. Je
reviendrais à présent sur votre première question, que vous estimez
indiscrète. Vous m’avez dit que vous suiviez mes enquêtes: vous avez
donc dû prendre connaissance des réactions de mes clients en me voyant
pour la première fois. Ils sont souvent consternés par le vieil homme à
qui ils se confient... et désirent au premier abord changer de
détective. Si je répugne à parler de mon âge c’est tout simplement pour
éviter aux lecteurs de mes aventures d’avoir une pareille réaction. Je
trouve votre seconde question particulièrement intéressante. Je vous
avoue me l’être parfois posée. En effet, je ne répugne pas aux défis
(j’en ai pour preuve une enquête menée en France lorsque je me suis
confronté à l’inspecteur Giraud) et ce serait pour moi un immense
honneur que de me confronter au raisonnement de Sherlock Holmes. Mais
j’ai bien peur qu’il prenne connaissance de ma répugnance pour sa
manière de procéder. Cela ne simplifierait pas notre rencontre. Bien
qu’elle soit improbable, j’aurais été ravi de pouvoir le rencontrer. En espérant avoir pu répondre à vos questions, je vous salue. Hercule Poirot
Guten Morgen, Monsieur Poirot, Votre
réponse a plus que satisfait ma curiosité, et je vous en remercie. Je
me doutais un peu de votre réponse à ma première question, mais j'ai
tout de même essayé, car, comme le dit si bien le proverbe «qui ne
tente rien n'a rien». À propos de Holmes, s'il cherche
toujours des indices, il n'en fait pas moins travailler son esprit.
Plusieurs fois le docteur Watson nous l'a décrit comme restant toute
une nuit -voire plus- assis sur un tas de coussins, à fumer tout en
réfléchissant! Et, s'il ne supporte pas très bien les intelligences
moindres, il sait très bien apprécier celles qui sont supérieures,
comme la vôtre. Je ne sais si tous les passionnés du détective de Baker
Street diraient la même chose que moi, car nous avons tous une vision
différente de ce personnage. Je vous salue bien bas, et renouvelle mon admiration et le plaisir que j'ai à correspondre avec vous, Miss Einsam |