Le désastre des armées de Varus |
||||
![]() |
||||
| Procurator, Ave! Tu as sans doute entendu parlé du désastre des trois armées de Varus, anéanties en Germanie durant le règne du divin Auguste. Eh bien voilà: j'ai lu quelque part que tu aurais brièvement fait partie de la XIXe légion et que tu aurais été un des rares survivants. Est-ce vrai, Procurator? Si c'est le cas, te souviens-tu d'un certain Cassius Chaerea? Il entrera dans l'histoire un peu plus tard (dans quelques années en fait). Je ne t'en dis pas plus à moins que tu ne me le demandes (veut-on connaître le futur?). Portes-toi bien, Simon |
||||
|
Ave Simon! J'ai dû reconstituer ta lettre à partir des fragments d'argile qu'un esclave m'a apportés. Les inscriptions grecques n'étant pas complètes, c'est mon ami Honorius qui m'a aidé à lire ton texte. Les aléas de la communication avec le futur sont parfois fort étranges. Tu ne trouveras rien qui laisse entendre que j'aie pu survivre à un massacre lors d'une défaite romaine. Ils seront sans doute nombreux dans le futur à vouloir s'attaquer à ma carrière militaire. D'après toi, qu'est-ce qui m'a valu la confiance de l'empereur? Fais aussi bien attention aux anachronismes. Que tes dieux te protègent! Pontius Pilatus, Praefectus Iudaeae |
||||
|
À Lucius Pontius Pilatus, Praefectus Iudaeae Ave! Je tiens d'abord à te remercier pour ta réponse et aussi à m'excuser. Je n'ai pas voulu insinuer une quelconque lâcheté ou incompétence en laissant entendre que tu aurais pu survivre à ce massacre. Au contraire, peut-être aurais-tu pu être un de ceux qui, par leur courage, sont parvenus à résister, à s'échapper et apporter la nouvelle à l'Empereur. Je ne sais pas exactement à partir de quelle année tu me réponds, mais je puis te dire ceci. Il s'est passé 17 années entre la défaite de Varus et ta nomination en Judée. Tu as sans doute fait une carrière militaire avant d'être préfet et tu aurais très bien pu être centurion ou tribun à cette époque. Aussi, je ne vois pas pourquoi tu parles d'anachronisme. Cette théorie est celle d'une écrivaine de mon époque qui s'appelle Anne Bernet. Quant à Cassius Chaerea, vu son âge, il aurait pu être un de tes collègues. J'espère que ma lettre te parviendra en meilleur état cette fois-ci. Que les dieux veillent sur toi! |
||||
| Ave Simon, Cette fois-ci, ta lettre m'est arrivée sous une forme beaucoup plus luxueuse dans un rouleau finement décoré. Les voies de la transmission entre les temps paraissent imprévisibles. Puisque tu t'intéresses au moment de mon écriture, je puis te dire que nous sommes dans la XXIIe année du règne de notre bien-aimé Tibère, dont j'ai consacré la gloire en terre de Judée par l'élévation du Tibérium. Les scribes de ton époque n'écrivent-ils pas, comme ceux de la mienne, pour satisfaire à la commande du payeur? La carrière militaire est très formatrice. On y apprend à connaître les hommes. C'est ainsi qu'on peut mieux les gouverner. Que tes dieux soient cléments! Pontius Pilatus, praefectus iudaeae |