La vie comme légionnaire |
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| Cher monsieur Pilate, Ayant été moi-même militaire pendant 23 ans, je me posais certaines questions sur la vie des légionnaires de votre époque. Par exemple: Les simples légionnaires étaient-ils conscrits? Quel était leur salaire? Quelles étaient leurs chances de promotion? La longueur de leur service était-il pré-déterminé? Avaient-ils une pension à la fin de leur service? Pouvait-on accéder à la noblesse à travers le service militaire? Comment se passait la vie de tous les jours? Pouvaient-ils voir le monde? Pouvait-on avoir une femme et élever une famille? Comment était-on logé? Enfin, vous voyez que à peu près toutes les facettes de leurs vies m'intéresse. Je vous serai gré de me donner toutes informations concernant cette partie de l'histoire. Merci à l'avance... A. Fortin, Sergent (à la retraite) |
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| Ave A. Fortin! Mon nouvel esclave numide n'en finit plus de réparer les bêtises de mon Ibère. Hier, il m'a apporté ta lettre. Elle était derrière une jarre à épices dans les cuisines. Tu comprendras mon retard à te répondre. Le personnel domestique est si indiscipliné de nos jours. Honorius n'en revient pas de me voir changer d'esclaves si fréquemment. Tu me poses des questions qui mériteraient long entretien. Je ne dispose pas de tout ce temps. Voici quelques détails qui pourront répondre en partie à tes interrogations. Si nous n'avions que des volontaires, il ne serait pas possible de maintenir l'Empire. Il y a donc conscrits et volontaires. Un bon soldat reçoit plus ou moins C deniers par année. Si on est du vulgaire, la promotion est lente, mais on peut devenir centurion. Les plus habiles pourront se hisser jusqu'au rang de primipile. Les gens de bonne famille avanceront plus vite comme il se doit. Une pension pour les vétérans? Quelle idée! Ils ont déjà une bonne prime de libération avec leur diplôme. Ils sont exemptés de charge civique. En général, les femmes ne suivent pas les militaires (sauf haut gradés). La vie dans les campagnes est une vie virile et exigeante. Tu es militaire toi-même, tu sais de quoi je parle. Loger chez les peuples barbares n'est pas toujours du premier confort. Un Romain n'est pas douillet. Voir l'Asie est bien beau, mais cela ne remplace pas la maison des pères. Rien n'égale Rome, la ville éternelle. Qu'est-elle devenue dans ton époque. Va sous la protection de tes dieux. Ave! Pontius Pilatus, Praefectus Iudaeae |