Ce n'était pas ta volonté, Pilatus, mais la Sienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

davidcornut@bluemail.ch

 

 

 

De David à Caius Pontus Pilatus, salut!

Je lis avec intérêt les réponses que tu donnes à ceux qui prennent le temps de t'écrire. Et je me permets de t'envoyer une petite missive au passage. Sais-tu qu'aujourd'hui, dans certaines églises, les temples de Iéshuah Christ-Roi, tu es décrit comme un saint, un homme bon? Que beaucoup d'auteurs voient en toi le premier non-Juif à avoir perçu la nature divine de Jésus et à avoir essayé de le sauver? Des quantités de romans te voient même comme le premier chrétien non circoncis de tous les temps!

Cela ne contraste-t-il pas totalement avec ta vraie histoire avec le Seigneur Jésus-Christ? Tu étais étonné par les cris de la foule contre cet homme qui avait l'air innocent, tu étais certainement intrigué par ses réponses et par l'aura qu'il dégageait, tu ne voulais pas que Caïphe te force la main, mais, au fond, tu n'avais rien à faire de la vie de cet homme (-Dieu), non? Un condamné de plus, non?

On dit que tu crucifiais à tour de bras (sans mauvais jeu de mots)...

Question bonus: te rappelles-tu d'un séisme le jour où tu as laissé Iéshuah se faire crucifier (et mourir provisoirement)? Ne réponds pas tout de suite, réfléchit intensément d'abord. Car, Pilatus, tu as été le figurant involontaire d'un plan divin. Et ta femme, première chrétienne elle aussi, l'avait bien senti en insistant pour que tu ne crucifies pas le Plus Grand! Tu n'as rien décidé dans cette histoire!

Ave.

David

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ponce Pilate

 

 

 

Ave David!

 

Tu as un nom de Juif. Es-tu descendant de cette peuplade chatouilleuse?

 

Je relis ta lettre. Je réfléchis, je me rappelle. Rien ne me frappe davantage que l'obsession de tes contemporains à vouloir distinguer un Iéchoua parmi les autres. 

 

Il y avait justement un Ieshua et un David parmi ceux que j'ai fait crucifier hier. Aucun tremblement de terre, aucun orage.

 

Ma femme, qui vit à Rome, ne s'est jamais prononcée sur aucune condamnation. Elle a bien assez d'administrer la maison.

 

Je ne me sens pas du tout l'envie de devenir le suivant de l'une des nombreuses sectes qui font ressusciter tous ces Jésus, Shimon et autres vagabonds.

 

Ainsi, on me vénérerait en certaines églises. Bien curieuse façon de se rappeler un officier romain qui a fait en tout son devoir.

 

Les signes des dieux sont nombreux. On ne sait pas toujours les lire. Peut-être chaque époque refait-elle la cosmogonie et la théogonie à sa façon. Je n'ai aucun pouvoir sur le futur que tu vis. Je ne changerai pas ma façon d'administrer le présent. Tu auras lu ailleurs mes principes: prévoir et réagir promptement. Rien dans l'avenir prévisible ne m'incite à faire confiance aux sectes que tu évoques.

 

Non, je ne regrette rien de ces crucifixions que j'ai ordonnées.

 

Ave!

 

Pontius Pilatus, Praefectus Iudaeae