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Ce n'était pas ta volonté, Pilatus, mais la Sienne |
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De David à Caius Pontus
Pilatus, salut! |
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Ave David! Tu as un
nom de Juif. Es-tu descendant de cette peuplade chatouilleuse? Je relis ta
lettre. Je réfléchis, je me rappelle. Rien ne me frappe davantage que
l'obsession de tes contemporains à vouloir distinguer un Iéchoua parmi les
autres. Il y avait
justement un Ieshua et un David parmi ceux que j'ai fait crucifier hier. Aucun
tremblement de terre, aucun orage. Ma femme,
qui vit à Rome, ne s'est jamais prononcée sur aucune condamnation. Elle a
bien assez d'administrer la maison. Je ne me
sens pas du tout l'envie de devenir le suivant de l'une des nombreuses sectes
qui font ressusciter tous ces Jésus, Shimon et autres vagabonds. Ainsi, on
me vénérerait en certaines églises. Bien curieuse façon de se rappeler un
officier romain qui a fait en tout son devoir. Les signes des dieux sont nombreux. On ne sait pas
toujours les lire. Peut-être chaque époque refait-elle la cosmogonie et la
théogonie à sa façon. Je n'ai aucun pouvoir sur le futur que tu vis. Je ne
changerai pas ma façon d'administrer le présent. Tu auras lu ailleurs mes
principes: prévoir et réagir promptement. Rien dans l'avenir prévisible ne
m'incite à faire confiance aux sectes que tu évoques. Non, je ne
regrette rien de ces crucifixions que j'ai ordonnées. Ave! Pontius Pilatus, Praefectus Iudaeae |