Hé! La môme!
       
       
         
         

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      Hé! La môme!

ll me semble vous avoir toujours connue, tant vous aviez votre place dans notre famille. À l'heure des repas, des parties de cartes, pendant les tâches ménagères, etc... Ce sont mes parents qui avaient tous vos disques, ils vous admiraient énormément et suivaient votre carrière. Mon père était sapeur pompier dans la ville d'Avignon, lorsque vous veniez chanter, il demandait d'être de garde en coulisse afin de vous rencontrer. Je l'ai vu pleurer d'émotion. Nous les enfants c'est à travers eux que nous avons appris à vous connaître et vous aimer.

Vous représentez LA CHANSON FRANÇAISE, (populaire), les guinguettes, les mauvais garçons, les filles qui ne demandaient qu'à être séduites par eux, la gouaille des laveurs de carreaux, la vie trépidente dans le vieux Paris.

Petite bonne-femme, toujours vêtue de noir, mains posées sur les hanches. Vous donniez tout à ce public, qui vous le rendait si bien. Voix inimitable (beaucoup s'y sont essayés) vous pouvez reposer tranquillement personne ne peut vous égaler.

Embrassez pour moi Montant, Cerdan, Théo, Momone et tant d'autres... Si par bonheur vous rencontrez mes parents qui vous aiment tant, embrassez-les aussi.

Je vous envoie des baisers nostalgiques,

Regine

 

       
         

Édith Piaf

      Ma très chère Régine,

Oui je sais je réponds avec beaucoup de retard à votre gentille lettre, veuillez ne pas m'en tenir rigueur, j'ai été un peu souffrante, mais rien de grave, maintenant cela va mieux.

Montand, je l'ai vu la semaine dernière, il va très bien le «marseillais», Simone aussi. Lorsque je verrai ce cher Georges, et Ferré, je leur ferai des bisous partout pour vous.

Vous savez Régine je ne sors pas beaucoup de mon «trou», une promenade par ci, une promenade par là...

Bisous à vous très chère.

Votre Edith,
Paris