André23
écrit à

   


Philippe IV Le Bel

     
   

Bienvenue, Sire!

    Grand Roy Philippe, bienvenue!

Cela faisait fort longtemps que je vous attendais sur Dialogus, et vous voici enfin!

Laissez-moi vous dire toute mon admiration et ma reconnaissance pour le Roi qui a su jeter les premières pierres d'un État moderne, notamment avec l'aide précieuse de vos «Chevaliers ès Lois», comme vous dites.

Je ne vais pas vous mentir, vous êtes pour moi un très grand Roi de France -sinon le plus grand- et je tiens à ce que vos sujets vous en soient plus reconnaissants.

Enfin, je souhaite vous dire combien j'apprécie à la fois votre faconde, et votre style à l' écrit. Savez-vous que votre lettre d'acceptation est une pure merveille?(je sais de quoi je parle, j'ai enseigné comme humble professeur de français). Vraiment, j'attends avec impatience le reste de votre royale correspondance -en parlant lettres, je voulais vous demander quel était votre ouvrage favori, et les histoires qu'Isabelle d' ragon ou votre nourrice vous lisaient dans votre enfance.

Je finirai par vous dire combien je suis outré que les auteurs modernes aient noirci vos traits, tel ce maudit Maurice Druon... qui a repris à son compte l'expression «Roi de fer», et a sali votre fidèle Nogaret pour longtemps!

Vous me direz, s'il vous plaît, votre pensée là-dessus.

Je me permets de vous quitter, noble Roi, en me flattant d'être le premier à vous accueillir sur ce site où -j'en suis certain- les critiques à votre égard vont pleuvoir.

Votre FIDÈLE André, de la province de Languedoc.

Chastel de Maubuisson, novembre 1314.

André, ta lettre de bienvenue nous a fait grand plaisir, mais un roturier tel que toi ne peut accueillir son Roy, qui est bien trop grand pour son humble logis. Or, ton Roy ne saurait être homme à reculer lorsqu'on l'attaque d' amitié.

Tu apprécies nostre style, et nous en sommes content. Sais-tu que feu nostre Reine Jeanne -Dieu l'ait en sa bonne garde- le trouvait sans circonvolutions, concis, voire un peu simple?

Quant à nostre ouvrage favori -hormis notre livre d'Heures personnel, pour l'oraison- je choisirais «La Queste du Graal», du Sieur De Troyes. Le cycle arthurien et les romans de chevalerie ont bercé nostre prime jeunesse, et nous avons bien rendu compte du courage de nos valeureux ancêtres dans nos batailles, notamment en terre de Flandre.

Je dois bien l'avouer, nous avons, avec le temps, su assagir nos ardeurs guerrières pour la voie, disons, rationnelle et diplomatique. Lis donc Aristote, mon bon, et tu saisiras la supériorité de l'usage de la Raison, pour la gloire du Royaume, sur la basse concupiscence. Rassure-toi, je n'attends pas d'un homme tel que toi, bien que maître d'université en lettres, qu'il comprenne les subtilités de la gouvernance de l'État.

Nonobstant, nous devons avouer que c'est pour grand dommage que Nogaret soit passé de vie à trépas, nous lui aurions dit de t'enseigner les différents types de droits. Nous sommes certain qu'un fidèle tel que toi aurait bien servi le Royaume. Nous saurons toujours de trouver un emploi plus glorieux que celui où ton état actuel t'impose d'officier.

Rends-nous donc visite à Maubuisson où Châtillon, le connétable, t'introduira. J'ai dit.

Philippe quatrième, Roy de France par la grâce de Dieu.