| Lettre d'acceptation de Philippe IV le Bel à l'Éditeur |
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| Château de Maubuisson, le cinq de novembre, an de grâce 1314 Sieur Sinclair Dumontais, Ce sont temps funestes pour le royaume. En avril dernier, notre bon serviteur Nogaret nous quittoit et nous venons de perdre le Pape Clément. Certains nécromanciens font mesme courir le bruit que notre lignée fut maudite le soir du dix-huit de mars, lorsque Molay brusloit sur l' isle aux Juifs. Certes, je n' ois plus aussi aisément que par le passé, mais les paroles prononcées par le Grand maître n' étaient en rien une malédiction, sinon une contestation de notre jugement par cet infâme relaps. Nous le savons, nous y étions. Nous voulons donc, en qualité de roy légitime, répondre aux interrogations et aux craintes de nos loyaux sujets quant aux reniements des monnaies, aux guerres et à la récente disette. Cela afin qu' ils sachent que nous voudrions leur octoyer bien des choses que les ligues de province nous réclament et que nous ne pouvons le faire par manque de moyens, et non car notre coeur est de fer, comme certains le clament par les rues. Qu' à ceux-là il soit dit que notre volonté la plus chère est qu' ils participent à la gouvernance du Royaume en nous faisant part de conseils réfléchis. Nos chevaliers ès lois, nous n' en doutons point, exploiteront avec sapience la formidable source d' information qui sourdra de cette échange intellectuel. J' ai dit. Et nous entendons que vous fassiez tout pour rendre cet échange possible, sieur Dumontais. Osez vous opposer à ma royale volonté, et vous irez, au mieux, au Petit Chastelet, condamné au mur et au silence pour le restant de vos jours, au pir e au gibet de Montfaucon où vous subirez le mesme chastiment que les frères d' Aunay, si vous en avez quelque souvenance. Mais le Sire de Marigny suscite notre présence et les Grands du Conseil attendent notre arrivée depuis trop longtemps. Avec le ferme volonté que vous puissiez un jour devenir notre obligé, Philippe quatrième, roy de France par la grâce de Dieu. |