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Tamsin  
écrit à

Peter Pan


Toi, l'ange gardien des enfants


   

Hong Kong, le 15 décembre 2010


Cher Peter Pan,


Tu ne me répondrais sûrement pas si j'étais une adulte. En fait je suis une enfant, ou plutôt une adolescente. Ne jette pas cette lettre avant de l'avoir lue. D'accord, je ne suis plus l'enfant qui croit en tout mais j'ai toujours de l'imagination. Je rêve de mondes fantastiques et de créatures magiques. Je pense qu'on pourrait se comprendre parfaitement car je ne réfléchis pas encore comme une adulte...

Je trouve cela merveilleux d'avoir créé un lieu qui soit le monde des enfants. Neverland est féerique avec ses indiens Peaux-rouges, ses sirènes belles comme des déesses, ses pirates méchants et cruels mais drôles comme tout, ses garçons perdus déguisés en animaux et il ne faut pas oublier Tinker Bell, la petite fée coquette. Wendy, John et Michael ont eu de la chance de t'avoir rencontré quand tu cherchais ton ombre farceuse. Tu leur as permis de quitter ce monde d'adulte trop compliqué. Et avec la poudre de fée, ils ont pu réaliser le rêve de tous les enfants: voler! Peut-être qu'un jour tu viendras chercher ton ombre chez moi. Puis je volerai haut dans les airs, pour aller, avec toi, dans la deuxième étoile à droite, l'étoile où se cache ton monde merveilleux...

Tu es l'ange gardien des enfants. Seulement, tu emmènes des enfants dans un monde où leurs soucis disparaissent et où la notion de temps s'envole. Un monde où l'imaginaire devient la réalité. Un monde qui sera le leur jusqu'à la fin de leurs jours. Ces enfants deviennent tes captifs, ils auront toute la liberté qu'ils veulent sans vraiment l'avoir. Sur notre monde, la terre, règnent la terreur, l'horreur, la mort. Je comprends pourquoi tu enlèves ces enfants de ce cauchemar. Mais comme le dit si bien l'expression: «Dans chaque mauvais se cache du bien», les hommes sont capables d'aimer. Pourquoi ne pas relâcher les enfants après? Nous sommes faits pour grandir, nous ne pouvons rien faire contre cela. Plus tard, les «anciens» enfants pourraient changer notre monde. Ils pourraient toujours échapper à notre monde de grands pendant quelques jours mais revenir après. Ils ne doivent pas fuir la réalité et ils doivent se souvenir qui ils sont!

J'espère que cette lettre ouvrira ton cœur, te fera voir les adultes différemment et qu'un jour je te rencontrerai enfin, le héros des enfants!


Au revoir,

Tamsin


Salut!

Je suis surpris que tu connaisses si bien mon histoire! C'est vrai que nous avons vécu des choses merveilleuses avec Wendy, Jean et Michael. Ce sont vraiment des enfants extraordinaires, surtout Wendy.

Par contre il y a quelque chose que je ne comprends pas dans ta lettre, c'est bizarre. Où as-tu vu que je retenais des enfants prisonniers contre leur volonté? Tu parles d'enfants captifs, mais il n'y en a aucun ici! Si tu veux faire allusion aux enfants perdus, alors sache que je ne les ai pas enlevés, mais qu'ils sont tout simplement tombés de leurs berceaux. Si leurs nourrices ne s'en aperçoivent pas, ils arrivent au Pays Imaginaire. C'est ça les adultes: ils perdent toujours tout, à commencer par leur âme d'enfant.

Wendy m'a parlé de toutes les guerres qui se déroulent dans votre monde, ça n'a rien de très réjouissant. Elle raconte que vous vous battez juste pour savoir qui gagnera, et tant pis s’il y a des morts. Moi je me bats contre Crochet mais parce qu'il veut me tuer, je dois me défendre. Et puis si on ne se battait pas, il n'y aurait aucun équilibre au Pays Imaginaire. Quelle est l'excuse des adultes?

Je n'emmène jamais les enfants très longtemps. Quand ils veulent rentrer, ils n'ont qu'à se réveiller, et voilà, ils sont chez eux! Je ne veux que le bonheur des enfants, les adultes leur infligent assez de douleurs sans que je m'y mette aussi!


À bientôt,

Peter Pan

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