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Charles de B.
écrit à

Isabelle d'Orléans Bragance


Vos secrets d'histoire


    Chère Madame,

Permettez moi d'abord de vous dire tout le respect que j'ai pour votre Maison mais aussi pour vous personnellement, pour votre courage et votre sympathie.

J'ai eu grand plaisir à lire l'autobiographie de votre neveu Michel de Grèce, «Mémoires insolites», où il évoque entre autres son enfance passée dans votre famille, auprès de vous et de votre mari. Selon lui, vous aviez souvent des «querelles» ensemble à propos d'évènements historiques, vous n'étiez pas toujours d'accord avec l'histoire «officielle». Vous souvenez-vous, Madame, avoir dit que le «Larousse se trompait»?

Vous vouliez sans doute parler des légendes familiales, de la petite Histoire qui contredit la grande que l'on se raconte de génération en génération, et je ne trouve rien de plus intéressant, car c'est ce qu'il y a de plus authentique -surtout quand l'histoire de votre famille, les Orléans, se confond avec celle de la France... Pourriez-vous nous faire partager quelques anecdotes de ce genre, bref l'Histoire vécue de l'intérieur? Quelques détails inédits de l'Histoire de France que vous tenez de vos parents ou grand-parents?

Votre grand-père Gaston, le comte d'Eu, vous a-t-il raconté comment il avait vécu sa fuite des Tuileries en 1848? Comment vous faisait-il découvrir l'Histoire durant votre enfance, au chateau d'Eu?

Bien affectueusement, Madame.

Charles

Cher monsieur,
 
Permettez-moi de vous remercier pour votre lettre et l'affection que vous portez à la Maison d'Orléans. Ceci me va droit au cœur.
 
Je vous prie également de m'excuser pour le retard de ma réponse. Des soucis de santé m'ont imposé un long repos.
 
Mon grand-père a parfois évoqué sa fuite des Tuileries, mais je ne saurais vous en dire plus qu'il n'en a lui-même raconté. Il n'était pas homme à dévoiler ses sentiments, surtout devant des enfants.
 
Il est vrai que dans une famille comme la nôtre, la petite et la grande Histoire se croisent souvent, se mélangent parfois. Nos recueils de souvenirs et nos mémoires sont là pour en garder la trace et je ne saurais effectivement que trop vous recommander la lecture des livres de mes proches et des miens. À mon sens, ce qui n'y est pas dévoilé doit rester dans le cercle privé, familial. Ce sont là les vrais souvenirs de famille... Ne croyez-vous pas?
 
Très sincèrement,
 
Isabelle,
Comtesse de Paris
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