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Claudius
écrit à

Isabelle d'Orléans Bragance


Salon des Antiquaires à Eu


    Chère madame,

J'ai eu le grand plaisir de faire votre connaissance au Salon des Antiquaires à Eu en 1996. J'ai un bon souvenir de votre gentillesse et de votre grande simplicité. Je conserve de vous une photo dédicacée et un livre écrit par vous-même, concernant Marie-Antoinette. Pendant la durée du Salon nous avions le plaisir de vous voir arriver tous les matins sur nos stands, accompagnée par votre dame de compagnie. Je garde un très bon souvenir de cet évènement.

Recevez, chère madame, mes sincères salutations,

Claudius

Cher Monsieur,

Comme votre lettre me touche! Tout autant que votre gentillesse. Avons-nous été présentés lors de ce salon des antiquaires? En ce cas je dois certainement me souvenir également de vous, même s'il est vrai qu'à mon âge ma mémoire me joue parfois de vilains tours!

Je me rends souvent à Eu; vous savez combien je suis attachée à cette ville et à ses habitants. Et je suis toujours heureuse d'assister ou, bien souvent, de prendre part, aux nombreux évènements qui s'y déroulent. Tant de souvenirs chéris me ramènent là-bas, auprès de mes arbres, dans l'ombre de mes chers grands-parents...

Merci encore pour votre gentille pensée,

Isabelle, comtesse de Paris


Chère Madame,

Merci pour votre réponse arrivée ces jours derniers. En effet on nous a présentés: Caroline Margeridon, l'organisatrice du Salon, a fait le nécessaire. Pendant la durée du Salon je vendais des lustres à cristaux, des bougeoirs et des lampes. Vous êtes venue m'acheter un objet pour vos cadeaux. Vous m'avez demandé si j'avais des lustres en cristal de roche.

J'ai eu du plaisir en visitant votre château et, détail curieux, sur le Salon un antiquaire exposant proposait à la vente un sucrier de Sèvres ayant appartenu au roi Louis-Philippe. Ce détail est important.

Je vous prie d'accepter, chère Madame, mes respectueuses salutations.

Claude RICARD


Cher Monsieur,

Il est vrai que j’ai toujours adoré chiner et je trouve généralement chez les antiquaires quelques babioles pour mes collections ou, comme ce jour-là, pour offrir. Les beaux lustres en véritable cristal de roche sont si difficiles à trouver, leur éclat est inimitable. Je suis toujours à la recherche de pièces de ce type.

Je me souviens absolument d’avoir vu le sucrier dont vous faites mention dans votre lettre. Certainement le survivant d’un des nombreux services de mon aïeul le roi Louis-Philippe! Je possède dans mon appartement quelques petites choses amusantes de ce genre, entre autres souvenirs de famille auxquels je suis très attachée. Mais souvent nombre des objets de provenance royale que vous retrouvez chez les antiquaires ne le sont que sur la foi d’une tradition familiale ou d’un cadeau supposé fait par le souverain… mais hélas imaginaire.

Comme vous je le pense, j’ai toujours été sensible à l’âme des objets. Je suis convaincue que si l’on sait les écouter ils ont quantité de choses à nous dire. Et lorsque, de plus, ils sont jolis, j’y suis d’autant plus
sensible!

Très sincèrement,

Isabelle, comtesse de Paris
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