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AlexandreNom du correspondant
écrit à

Isabelle d'Orléans Bragance


La Provence


    Bonsoir Votre Altesse Royale,

Comment vous portez-vous? Je suis sincèrement navré de vous avoir laissé de longs mois sans nouvelles de moi, mais je n'ai guère eu le temps de communiquer avec vous, et croyez-moi ceci m'a fort navré, car j'ai sincèrement apprécié de communiquer avec vous.

Je viens de déménager loin de ma région natale, et de l'Alsace par conséquent, puisque je viens d'emménager en Provence. Aussi je me demandais si vous, mon aïeule, aviez eu le plaisir de visiter ce comté royal vraiment joli. Je sais que l'une de vos ancêtres a eu l'occasion de séjourner quelques jours au château de la Tour d'Aigues, situé à quelques kilomètres de chez moi; il s'agit de Catherine de Médicis, épouse du roi Henri II.

À très bientôt,

Alexandre

Cher monsieur,
 
Merci pour votre nouvelle lettre. Vous me feriez plaisir en m'appelant Madame, en toute simplicité!

J'espère que votre déménagement s'est bien passé. Je me souviens, pour avoir moi-même changé bien souvent de lieu de résidence, combien il était compliqué de tout organiser et de penser à tout pour le prince et ma petite tribu!
 
La Provence est une merveilleuse région, comme en compte tant la France. Mais j'aime particulièrement son soleil et la beauté de ses paysages, si contrastés selon les régions. Je ne saurais que trop vous conseiller d'en découvrir les secrets; si vous aimez l'Histoire vous serez comblé.
 
Votre seconde lettre me parviens également aujourd'hui. Philippe d'Orléans a, en effet, joué un rôle peu enviable lors de la Révolution. Ses enfants ont eu à cœur de laver cette tache. À mon sens, seuls des intérêts personnels guidaient ses sentiments même si son attitude reste inexcusable.
 
Bien sincèrement,
 
Isabelle,
Comtesse de Paris

Madame,

Merci pour votre lettre si charmante qui m'a fait infiniment plaisir. Mon déménagement s'est effectivement bien passé, je vous en remercie.

Avez-vous déjà eu le plaisir de vous rendre en Provence? Il est vrai que cette région est magnifique, une très belle partie de la France, ensoleillée la majorité de l'année. J'adore l'Histoire, mais vous aussi je crois? Vous parliez de votre petite tribu; avez-vous un enfant que vous préférez?

Noël approchant, je voulais vous demander comment vous fêtez la Nativité du Christ. Organisez-vous une grande réception, ou bien fêtez-vous la naissance du Seigneur avec vos proches?

Il m'a semblé avoir eu l'honneur de vous entrevoir en 1990 je crois, alors que je n'avais pas tout à fait huit ans. En effet, alors que j'étais de passage à Paris, la mère adoptive de ma mère m'avait amené devant une magnifique demeure, puis elle me désigna une dame qui regardait par la fenêtre en me disant que c'était la comtesse de Paris. Cette dame m'avait adressé un chaleureux signe de la main, en me souriant gentiment. À cette époque, j'ignorais totalement qui vous étiez, et probablement aurais-je à mon grand regret oublié cette anecdote si ma grand-mère «adoptive» ne me l'avait rappelée juste avant son décès en me donnant votre ouvrage sur la reine Marie-Antoinette, qui portait un autographe de vous!

Alors, ai-je bien eu l'honneur de vous voir? Là est la question! Je me doute bien que vous devez voir beaucoup de monde, mais peut-être avez-vous souvenance d'un matin de mai 1990, je ne me souviens plus guère du jour exact... J'ajoute qu'après la mort de ma grand-mère «adoptive» j'ai compris que c'était bien vous la dame qui regardait par la fenêtre, qui m'a salué et souri, en voyant une photo de vous.

Passez une très bonne soirée, madame.

Alexandre

Monsieur,
 
À mon tour de vous remercier de me garder si aimablement dans votre mémoire. Il est effectivement possible que ce soit bien moi que vous ayez vu derrière cette fenêtre il y a quelques années...

Je connais fort bien la Provence. Je retrouve toujours avec joie ses beaux arbres et son soleil et j'ai là de nombreux amis. Mais mon meilleur souvenir de cette belle région reste, bien évidement, le mariage de mon fils Jacques et de ma chère belle-fille Gersende de Sabran Pontevès en 1969, dans le beau château d'Ansouis... Un beau mariage.
 
Noël a toujours été pour moi une occasion de réunir ma tribu. Nous fêtons en famille la Nativité, autour d'un sapin de joie. Bien sûr, il est maintenant difficile de réunir toute la famille: enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, sont pour beaucoup d'entre eux éparpillés au quatre coins du globe, si je puis dire!
 
Tant que ma santé me le permet, je voyage (j'ai toujours aimé les voyages) pour leur rendre visite autant qu'il m'est et me sera possible.
 
Très sincèrement,
 
Isabelle,
Comtesse de Paris

Madame,

J'apprends avec plaisir que vous vous êtes rendue à proximité de mon nouveau domicile, puisque j'habite dorénavant Pertuis, petite cité située à huit kilomètres d'Ansouis. Peut-être avez-vous traversé cette petite ville en vous rendant au mariage de votre fils...

J'ai appris avec un vif déplaisir votre infortune conjugale. J'ose espérer cependant que monseigneur le comte de Paris n'a point rompu complètement les ponts avec vous et prend encore régulièrement de vos nouvelles.

Passez une très bonne soirée, madame.

À très bientôt,

Alexandre

Monsieur,
 
Votre sollicitude me touche. Il est vrai que le comte et moi avons connu et connaissons encore quelques troubles dans notre couple. La presse s’en est fait l’écho, d’ailleurs. Nos enfants devenus grands, nous avons décidé de mettre quelque distance entre nous, comme vous semblez l’avoir compris.

Je le laisse depuis longtemps se consacrer à la chose politique et à ses engagements en tant qu’héritier de la Maison de France et, pour ma part, me consacre à l’écriture.

Il n’en reste pas moins que nous nous portons une affection mutuelle sincère.
 
Bien sincèrement,
 
Isabelle
Comtesse de Paris
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