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Alexandre D.
écrit à

Isabelle d'Orléans Bragance


Félicitations


    Bonjour Madame, ou bien, chère aïeule, si je puis me permettre. Comment vous portez-vous?

Je suis vraiment enchanté de pouvoir vous parler!

Il me faut vous féliciter pour votre excellent ouvrage «Moi, Marie-Antoinette», qui a vraiment été écrit de main de maître, aussi, je voulais vous demander votre opinion sur cette Reine, que pensez-vous réellement d'elle? Étant un de vos descendants de par mon père, je n'ignore pas que cette fin tragique a permis à notre famille de ceindre la couronne en la personne de Louis-Philippe Ier, et donc de changer le cours de l'histoire. Je descends également de Charles X, mais je ne l'aime point.

Plus récemment, votre époux a hélas échoué dans sa légitime requête concernant le pouvoir, si cela avait réussi, vous auriez été Reine, et une fort bonne Reine, je pense. Aussi me vient une question concernant votre époux, vous êtes-vous aimés? Votre mariage, comme tant d'autres, dans les familles de hauts lignages, était arrangé, mais votre époux avait bien de la chance d'être destiné à une belle princesse telle que vous, qui était en outre très intelligente, et cultivée. Cela m'a scandalisé qu'il vous ait quittée, vous, pour une petite personne sans foi ni loi; je suis navré si le fait de vous interpeller sur ce sujet vous fait de la peine, c'est involontaire!

Quelles étaient vos relations avec vos enfants, avez-vous l'instinct maternel? Je vous pose cette question car dans les familles nobles, rares étaient les mères qui éprouvaient une réelle affection pour leurs enfants.

Quelle est votre opinion sur Napoléon Ier? Éprouvez-vous une certaine admiration pour ce personnage?

Je suis désolé pour le flot de questions que je vous pose, mais, comme je vous estime beaucoup, je désirais avoir votre opinion sur ces sujets.

Merci, chère Madame, de me consacrer quelques instants de votre précieux temps, je vous en suis extrêmement reconnaissant. Je vous souhaite une très belle fin de journée et vous embrasse bien fort.

À bientôt,

Alexandre D.

Monsieur,

Vous me permettrez de rougir à tant d'éloges, j'espère être digne du portrait que vous faites de moi!

Je suis heureuse que vous ayez apprécié mon ouvrage sur la reine Marie-Antoinette. J'ai, vous l'aurez compris, beaucoup d'affection pour cette pauvre princesse tant décriée, bien souvent injustement. Son sacrifice et son courage ne doivent pas être oubliés.

Le prince et moi nous sommes aimés d'un amour sincère, comme j'ai déjà eu l'occasion de m'en expliquer. Certes, des intérêts dynastiques présidaient à notre union, mais ils furent doublés d'une passion sincère et notre mariage fut aussi fait d'amour. Quant à l'épisode, plus tardif, auquel vous faites allusion, je ne vous dirai pas que je ne partage pas votre opinion mais je le tempère. Madame Friesz fut, pour mon mari, dans ses dernières années sur Terre, un soutien que je ne peux nier. Mon affection pour le prince ne connaîtra de fin qu'avec mon rappel à Dieu.

Pour répondre avec honnêteté à votre question, je mentirai si je vous disais que je suis une mère poule. Durant leur jeunesse, et avec le précieux soutien de mon époux, j'ai éduqué mes enfants avec amour. Certes, ma vie quelque peu mondaine et mon humeur voyageuse m'ont parfois éloignée d'eux, mais j'espère avoir rempli ma mission au mieux! Et même s'ils sont éparpillés dans l'Europe entière et au-delà, j'essaie aujourd'hui d'être une bonne grand-mère.

C'est amusant! Chaque jour apporte son lot de «cousins», j'ouvre  aujourd'hui la lettre d'un lointain descendant de Philippe Le Bon… Les arbres généalogiques sont de plus de plus touffus me semble-t-il...

Isabelle,
Comtesse de Paris

Bonsoir Madame,

Merci de m'avoir répondu aussi promptement!

Vous me demandez si vous êtes digne de tant d'éloges, à cette question je réponds oui, je ne sais si je le tiens de vous, mais j'ai une réelle passion pour les domaines de la littérature et de l'histoire, et si j'ai hérité, ne serait-ce que d'un quart de votre talent, j'en serais fort heureux!

Certes, la Reine Marie-Antoinette s'est montrée fort digne devant sa fin, elle a montré, devant la mort, un admirable courage, et c'est sans doute un peu grâce à vous si la postérité la jugera moins sévèrement qu'elle ne l'a été jusqu'à nos jours!

Concernant votre époux, je constate que vous êtes dotée d'une grande mansuétude, n'allez pas croire que j'ai quelque chose contre lui, simplement, selon moi, il n'a pas agi de manière très courtoise avec vous, c'est juste cela que je voulais dire!

En ce qui concerne les arbres généalogiques, il est vrai que beaucoup de monde peut se targuer de compter au moins un ancêtre noble dans son ascendance, mais c'est normal, puisqu'avec une telle quantité de familles aristocratiques à travers le monde, et le nombre de descendants qu'elles pouvaient avoir, il se trouve que forcément énormément de gens descendent de ces dites familles, surtout par des enfants illégitimes. Le Roi Louis XV (parmi d'autres) lui-même a énormément de descendants par voie illégitime, au contraire de Louis XIV, il faisait élever ses «bâtards» (je n'aime pas trop ce mot) comme de simples particuliers, empêchant ainsi les généalogistes de comptabiliser leur nombre exact! Et que dire de Charlemagne qui serait l'ancêtre d'un français sur dix?

Passez une agréable soirée. Je vous embrasse, si vous le permettez.

À bientôt.

Alexandre D.
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