Luis Alfonso de Borbòn
écrit à

Isabelle d'Orléans Bragance
| Bien chère Madame, Ma surprise fut intense lorsque j'ai vu que vous viviez encore, même si je ne doutais pas de l'éternité de votre existence et de votre âme. Bien chère Madame, ce soir, une question m'assaille: vous auriez pu être reine du royaume de France et de Navarre, même si dans le coeur du peuple français vous le fûtes tout à fait. Si vous aviez été couronnée des diamants éternels, qu'auriez-vous envisagé? Qu'auriez-vous décidé? Bien chère Madame, le même sang royal coule dans nos veines; aussi, une réponse de votre part m'obligerait infiniment envers vous. Toujours auprès de vous et tout à fait pour vous, Luis Alfonso de Borbòn, Madrid, el 15 de junio 2007 Bien cher Monsieur, Vous me voyez moi-même également, et agréablement, surprise par votre lettre si aimable. J'aurais pu, effectivement, être reine de France… et je suis d'autant plus touchée que vous me dites l'être, pour certains. J'ai mes admirateurs et beaucoup maintenant me voient non plus en reine mais un peu en grand-mère de la France! Qu'aurais-je décidé si le ciel avait voulu accomplir cette destinée? J'aurais avant tout agi en épouse et mère, comme je l'ai toujours fait, épaulant mon mari de mon mieux dans ses responsabilités. Connaissant toutefois son caractère, je me serais gardée d'intervenir dans les affaires de l'État. Je ne suis pas très douée pour la politique je vous l'avoue… Le destin m'a exaucé bien des voeux, mais le trône est resté hypothétique… Votre lettre madrilène ravive bien des souvenirs… quels bons moments j'ai passés dans ce beau pays! Bien affectueusement, Isabelle, comtesse de Paris |