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Qu'avez
vous ressenti à la mort de votre mère? On dit que vous
étiez inconsolable d'où l'extravagance de votre
comportement à la cour. Mais étiez vous vraiment heureux,
Majesté? Ne vous manquait-il pas une certaine liberté? Le
roi, votre frère, remarquait-il votre présence? J'ai la
forte impression que vous vous sentiez bien seul, malgré la
foule à la cour de Versailles.
Chère Céphorra,
Il est vrai que ce funeste événement, qui a eu lieu il y
a fort longtemps maintenant, m'a terriblement attristé.
J'étais son «petit mignon» qu'elle choyait
malgré ses traits sévères.
J'ai toujours joui d'une grande liberté à la cour. Celle
qu'on me refusait, je l'imposais avec fracas, du moins au cœur des
fastes de Versailles. Il n'en fut pas de même dans d'autres
domaines comme vous ne l'ignorez certainement pas. La cour fut une
vaste cour de jeux et de plaisirs dont je me suis repu de nombreuses
années. Seule je ne l'étais jamais même si j'ai
parfois souffert d'être dans l'ombre de
sa-majesté-mon-frère, sans l'envier toutefois.
Aujourd'hui je me fais plus vieux et plus raisonnable.
Monsieur, Philippe Duc d'Orléans.
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