Cher
Louis-Philippe,
Quel nom admirable portez-vous là.
On m'avait prévenu de l'arrivée d'une lettre venant de
vous. Je suis ma foi étonné de voir que vous n'êtes
point curieux comme je l'aurais cru. Je vais néanmoins vous
répondre de la manière la plus simple et la plus
sincère.
Mademoiselle de Blois, Françoise Marie, est une demoiselle bien
orgueilleuse et fière. Je me suis opposé à son
mariage avec mon fils unique Philippe qui eu malheureusement lieu en
l'an de grâce 1692. La dot dont elle fut pourvue ne changea point
mon opinion ni celle de Madame, la Princesse Palatine.
Pourquoi me direz-vous? Mademoiselle de Blois n'est point fille
légitime mais légitimée et, bien que
j'apprécie Madame de Montespan sa mère, je ne pouvais
consentir à cette mésalliance pour la famille des
Orléans. C'est bien le titre qu'elle convoitait, faisant fi de
l'attitude volage de Philippe. Elle s'en plaint pourtant
régulièrement à Mon Frère Sa
Majesté.
Le mariage ne donne point d'héritier mâle pour le moment,
quatre filles à ce jour où je vous écris.
J'espère avoir satisfait votre curiosité.
Monsieur, Philippe duc d'Orléans, d'Anjou, de Chartres, de
Valois, de Nemours et de Montpensier, prince de Joinville, Frère
de Sa Majesté Louis le Quatorzième.
