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Carol Alessandra
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Inspirée | ||
| Monseigneur, J'ose enfin, en ce jour, prendre les devants afin de vous présenter mes respects. Votre Majesté a depuis fort longtemps bercé mes rêves et aiguisé mon esprit. Je suis, ma foi, très curieuse et plutôt volage en ce qui concerne la culture. En effet, je butine de ci, de là, afin d'acquérir de larges connaissances et ce, dans tous les domaines. L'Histoire est sans aucun doute ma passion la plus vive et la plus tenace. Tel un foyer crépitant dans une belle et grande cheminée, mon esprit a besoin d'être entretenu. Je suis en quête perpétuelle de savoir. Et ce qui m'amène à vous aujourd'hui, c'est l'espérance de vous connaître, monsieur. C'est à cette fin unique que je me permets de vous demander, monseigneur, s'il est possible que Votre Majesté prenne un peu de son temps pour entretenir, avec une femme désireuse d'apprendre, une correspondance culturelle. J'espère vivement que cette initiative ne vous offusquera pas. Je sais combien votre temps est précieux. Je me demande même s'il est bienséant de ma part de vous faire une telle demande. Je m'invite à la cour, jeune femme sans nom, issue d'un lieudit méconnu et, faisant fi du protocole, me présente au frère de notre bon roi sans au préalable y avoir été autorisée! Mon sens plutôt médiocre des convenances risque de m'attirer les foudres de quelques courtisans. Mais, après tout, la vie ne vaut d'être vécue que si elle l'est pleinement! Alors je prends le risque. Si d'aventure vous acceptiez ma requête -et j'en serais heureuse et comblée- ce sera avec un très grand plaisir que je prendrais la plume afin de coucher sur quelques pages ces nombreuses questions qui virevoltent sans cesse dans cet esprit libre qui est le mien. J'attends avec une impatience difficile à contenir votre réponse, monseigneur, et espère vous lire très prochainement. Je vous présente une fois de plus mes respects et vous offre mon amitié. Bien à vous, Une dame inspirée. Chère Carol Alessandra, Votre lettre, qui m'a été remise tantôt, est fort bien tournée. On y sent le respect que vous engagez pour ma personne, mais aussi et surtout la passion curieuse qui vous anime. Ce dernier point semble nous rapprocher. Je n'ai point coutume de converser de fait comme je le fais ici. Mais, le but de cette vaste aventure n'est-elle point de faire connaître aux gens de votre époque les faits et les mystères que renferme mon siècle? D'autant plus qu'on me reconnaît, parmi de nombreuses critiques et moqueries, un fin sens de l'observation et un esprit aiguisé. Aussi, je ne puis refuser de discuter avec vous de ce qui vous plaira et, par ailleurs, de répondre, à hauteur de ce que vous pouvez attendre, à toutes vos interrogations. À votre prochaine lettre. Monsieur, Philippe duc d'Orléans |
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