Saida-Noor
écrit à

Jackie Onassis
| Bonjour chère madame, Je suis ravie de pouvoir m'entretenir avec la femme la plus élégante et la plus enviée de la planète. Étant issue d'une famille très politisée, je pus suivre dans les années soixante toute l'actualité sur notre écran noir et blanc; si vous saviez quelle était mon admiration pour cette dame de rose vêtue qui tenait la main à ses enfants! Vous représentiez pour moi la maman dévouée et, somme toute, résignée aux escapades de votre défunt époux. Puis un jour, j'appris votre mariage avec ce richissime grec. Peut-être est-ce dû à mon éducation un peu rigoureuse (je suis musulmane MAIS éduquée dès le jardin d'enfants dans une mission française -les Franciscaines de Marie) ou tout simplement à l'image que j'avais de vous, ce mythe de l'épouse fidèle et de la «maman-poule», toujours est-il que cette union m'a paru déplacée. Est-il vrai que vous étiez obligée d'accepter ce mariage pour subvenir à vos besoins? Vous êtes-vous mariée pour recevoir de l'affection? Onassis roulait certainement sur l'or... Mais il était aux antipodes de votre illustre mari. J'espère que mes propos ne vous ont pas beaucoup heurtée. Dans l'attente de votre réponse recevez, chère madame, mes sincères salutations. Saida-Noor Bonjour chère Saida-Noor, En lisant votre message, je n'ai pu qu'éprouver de la sympathie pour vous et, loin de m'offusquer de vos questions, je vais y répondre le plus clairement possible. Il est vrai que j'ai incarné le symbole de la famille américaine, la maman affectueuse et attentive aux besoins de son époux et de ses proches; j'ai adoré donner cette image au monde. Mais le destin a décidé de faire éclater cette bulle magique et je me suis retrouvée seule avec mes enfants, désespérément seule! C’est alors qu’Aristote Onassis -Ari- est apparu dans ma vie. Il a quelque peu fait figure de papa gâteau pour moi et mes enfants: il nous a couverts d'attention, d'affection et de cadeaux. Qui, dans ce monde, refuserait d'être consolé à un moment de sa vie où tout s'écroule? Je ne suis qu’une femme comme les autres, ni plus ni moins. En ce qui concerne la fortune d'Ari, bien sûr qu’elle m'a fascinée, mais elle était attachée au charme d'Ari. Il adorait donner des cadeaux aux personnes qu'il aimait. Il m'a offert la sécurité affective et financière. Enfant, j'ai tant vu ma mère souffrir du manque d'argent avant son remariage! Cela m'a-t-il marquée? Possible. Si Ari ne possédait pas autant de charisme et s'il n'avait su me protéger comme il a su le faire à ce moment pénible de ma vie, son argent n'aurait pas pesé lourd dans la balance: il n'aurait eu aucune chance! D'ami, il est devenu mon époux. Nous étions différents, très différents, mais je n'ai jamais regretté mon choix. J'ai d’ailleurs tenu à garder mon nom d'épouse Onassis pour faire comprendre au monde qu'Ari a été important dans ma vie, pas une simple transaction financière! Ma chère, je vous remercie de tout l'intérêt que vous me portez. Cordialement, J.O |