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Julie
écrit à

Jacques Offenbach


Que faire?


   

Cher Maître,

C'est le cœur lourd que je reviens vers vous. En effet, ma ville veut fermer son théâtre ou, en tout cas, arrêter d'y produire des spectacles lyriques. J'y suis choriste et suis très attristée par cette nouvelle. Est-ce que de votre temps, vous avez des problèmes de ce genre? Que faire contre ces «faiseurs d'idées» pour qui la culture est moins importante que l'argent qu'elle rapporte?


Merci d'avance pour votre réponse!

Julie


Chère Julie,


Ayant été directeur d'un théâtre par deux fois au cours de ma carrière, je vous comprends particulièrement. Comment ne pas être attristé par un théâtre qui meurt? L'argent et les arts n'ont jamais été de bons collaborateurs. Seulement, comme Roland chante dans mes «Bavards»: «il faut bien payer le tailleur! Il faut bien payer le notaire! Comptez bien, il en faut pour tout faire! Il en faut pour payer le propriétaire, il en faut pour le docteur...»

Les théâtres ne perçoivent aucun revenu de notre gouvernement (si ce n'est l'Opéra): ce sont des entreprises personnelles. Nombre de mes confrères s'y sont essayés et jamais avec succès: Adam avec son Théâtre lyrique, moi-même avec les Bouffes parisiens et la Gaîté (heureusement, ces deux théâtres ont été repris)... Nous sommes trop artistes et dépensons sans compter pour le spectacle!

De tout temps, chère amie, les arts ont souffert de l'indigence pécuniaire! Et cela ne s'arrêtera pas demain, malheureusement.


À vos pieds,

Votre J.O.

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