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En faisant quelque recherches sur vous, et notamment sur vos opérettes,
j'ai appris que «Orphée aux enfers» et «La Belle Hélène» sont plus des
satires de la mythologie que des satires de votre société... Dans
certains bouquins on trouve l'inverse! Qu'en est-il exactement?
Paris, 8 janvier 1880
Chère Julie,
«Orphée» et «Hélène»
sont des parodies, vous êtes dans le juste ! Cependant, comme nous
étions, mes librettistes et moi, victimes de la censure à l'époque et
que nous voulions rire de nos contents-pour-rien (contemporains), il
nous fallait prendre des chemins détournés. Déguiser la satire sous les
traits d'une parodie mythologique, quelle belle idée, n'est-ce pas ?
Puis,
vous savez, nous sommes très attachés aux anciens: les références que
nous faisons sont immédiatement perçues par le public. Pourquoi
croyez-vous que «papa Piter» se déguise en mouche et coure les jupons?
Napoléon III avait cette réputation et l'emblême de l'empire était...
l'abeille! Rien de moins, ma chère amie!
Et, en 1858, Berlioz
avait fait reprendre l'«Orphée» de Gluck (que je cite pour ma part dans
mon Orphée... «J'ai perdu mon Eurydice»). Nous utilisions aussi
l'actualité!
Pour «Hélène», c'est une idée qui nous est venue, à
Meilhac, Halévy et moi, suite à notre opéra-comique avorté Fédia.
Pourquoi «Hélène»? Parce que je voulais un pendant d'«Orphée»!
J'espère
vous avoir répondu, ma chère Julie, mais sachez que la création comme
je l'entends est surtout le fruit du hasard et de la rencontre de
plusieurs idées de quelques farfelus qui ont avant tout envie de rire.
La pièce nouvelle fait oublier la précédente: ce ne sont que des
tableaux qui fuient, rien de plus.
Tout à vous
Votre dévoué
J.O.
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