Aiechose
écrit à

Jacques Offenbach
| Cher Monsieur Offenbach, J'ai bien aimé la grande duchesse de Gérolstein. Je tiens à vous féliciter pour la qualité de cette oeuvre. L'on trouve dans votre oeuvre plusieurs références au fait que les moeurs de votre époque étaient très légères. Est-ce que vos concitoyens passaient leur temps à marivauder? Aiechose Paris, 8 janvier 1880 Chèr(e) Aiechose, Le marivaudage, m'est avis, est de toutes les époques: il s'exprime à chaque fois à sa façon. C'est dans la nature humaine qu'est la pratique de cet art amoureux. Quant à dire que les mœurs de nos jours soient très légères... Il est vrai qu'on ne le voit pas justement parce qu'elles sont si légères qu'elles échappent peut-être à nos lois de la gravité? Et, entre nous, veut-on réellement se montrer grave? Notre passage sur Terre est si bref qu'il serait dommage de se priver d'un éclat de rire ou d'un baiser par souci des moeurs! Tout à vous (sous réserve que vous en laissiez pour les autres), Votre dévoué, Jacques Offenbach |