Laurence
écrit à

Jacques Offenbach
| Très cher monsieur Offenbach, C'est avec grande fébrilité que je suis allée acheter des billets pour cette magnifique opérette qu'est «La belle Hélène», il y a quelques jours de cela. Ma fille m'accompagnera: elle n'a que huit ans mais je suis sûre qu'elle éprouvera autant de plaisir que moi à son âge, lorsque ma mère vous écoutait et vous chantait à tue-tête. Je ne manquerai pas de vous livrer ses sentiments. Bien à vous, Laurence Paris, le 8 janvier 1880 Chère Laurence, Je suis rouge de confusion quant à vos compliments... Je suis heureux une nouvelle fois de constater que ma musique plaît toujours et, surtout, divertit les spectateurs! Il n'est pas simple, chère amie, de deviner le goût du public, de savoir ce qui leur plaira, ce qui les amusera, et ce qui restera de cette bataille. Car oui, c'est une bataille que nous livrons à chaque fois que se lève le rideau sur la Grèce d'Hélène (je ne veux point parler de l'embonpoint que prenait ma chère Hortense!) ou le camp de la Grande Duchesse... Il semblerait que je vous compte parmi mes soldats: «Ah, c’est un fameux régiment, Le régiment de Jacques Offenbach!» comme pourrait le chanter la Grande Duchesse! Prenez bien du plaisir, je vous le souhaite, et ne manquez pas de me faire votre petite chronique journalistique! Votre dévoué, Jacques Offenbach. |