| |
|
Monsieur,
Je voulais tout simplement vous féliciter pour
l'ensemble de vos opéras qui sont toujours à la mode, même maintenant
,et toujours aussi gais! Merci!
Jacqueline
Paris, 8 janvier 1880
Chère Jacqueline,
Ne me félicitez
pas: je ne le mérite pas encore! Ma carrière est loin d'être terminée,
soyez-en certaine. J'espère simplement qu'il me sera pardonné d'avoir
composé autant de musique et je mourrai certainement une mélodie au
bout de ma plume.
Avez-vous vu mon dernier opéra, «La fille du
tambour-major»? Savez-vous que je l'ai composé cloué au lit par une
crise de goutte?
Je tiens, cependant, à vous dire que votre
prénom est aussi le nom de deux de mes opus: un morceau pour
violoncelle, «Les larmes de Jacqueline» et une de mes filles. Quel beau
prénom!
Je dois, chère amie, vous laisser, à mon grand regret.
Je reste néanmoins votre bien dévoué,
Jacques Offenbach
|