María Ester
écrit à

   


Jacques Offenbach

   


À Jacques
 

    Je suis Argentine, je suis mariée, j'ai trois filles, elles sont très belles. Maintenant je suis à la retraite et j'ai commencé à étudier le français.

Dis-moi, qu'est-ce que tu fais dans la vie?

J'attends ta réponse.

Paris, le 8 janvier 1880
 
Chère (lointaine) amie,
 
Je suis compositeur d'opéras: j'en suis à mon cent-vingtième ouvrages en quarante années de carrière.

J'ai moi aussi des filles, quatre pour être précis, très belles elles aussi, comme au travers du regard de tous les parents.

Cependant, je ne sais ce qu'est la retraite, je vous prierais de m'excuser et de me permettre de pallier cette lacune. Je ne saurais que vous encourager à continuer d'apprendre le français: c'est une langue si belle!
 
Demandez à votre mari qu'il vous embrasse pour moi,
Serrez la main de votre cher mari pour moi,
Tandis que moi, j'embrasse vos trois filles.
 
Vôtre,

Jacques Offenbach