Lettre d'acceptation
de Jacques Offenbach
à l'Éditeur

 
Paris, 7 janvier 1880

Mon cher Sinclair Dumontais,

À l’image du Figaro créé par mon grand ami Villemessant, je soutiens avec ferveur votre publication et accepte d’y participer en répondant à qui désirera m’adresser ses questions. Des entreprises comme la vôtre sont extrêmement importantes dans nos sociétés (ne serait-ce que pour lutter contre l’ennui!).

Je ne promets pas de répondre rapidement, vous savez, comme beaucoup de mes amis, que je compose actuellement Le Cabaret des Lilas pour les Variétés, Belle Lurette pour la Renaissance et, surtout, Les Contes d’Hoffmann pour l’Opéra Comique!

Ma santé, de plus, n’est pas à son zénith: mes crises de goutte et mes ruhmatismes me font affreusement souffrir et je doute de pouvoir me déplacer à Ems pour y prendre du repos. Et la toux est venue s’ajouter à mes souffrances! Plaignez-moi, mon bon ami, car je n’ai pas le temps de le faire moi-même! Passez-donc me voir, à l’occasion, vous me feriez rudement plaisir!

Votre dévoué,

Jacques Offenbach

PS : n’auriez-vous pas trouvé un mouchoir (faute de mieux) sur lequel j’ai noté un bout de mélodie? Je l’ai perdu je ne sais où et je ne serais pas fâché de remettre la main dessus.