Répression des instincts |
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| Mon cher Friedrich, Dans la deuxième dissertation de votre généalogie de la morale, vous dénoncez le détournement du sens originel de la répression des passions instinctives qui a été fécondé par la mauvaise conscience des faibles, cette propension culpabilisatrice qui s'exprime par sa force réactive au service d'idéaux qu'ils ont CRÉÉS. C'est le phénomène de sédentarisation des faibles qui éternise la satisfaction qu'ils éprouvent à assouvir leurs instincts de cruauté par l'auto-agression, toujours dans le but d'incarner ces idéaux. Ma question, en quoi la répression des passions des forts (dans le but de se rendre maîtres de soi pour se forger une volonté créatrice et accéder à une plus haute forme de liberté) diffère-t-elle de celle des faibles qui s'adonnent à une activité de création par l'édification d'idéaux. Dans le but de saisir l'ampleur de votre génie, amitiés... |
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| Cher Monsieur, Vous répondez vous-même à votre question. Vous me demandez en quoi la répression des passions des forts diffère-t-elle de la répression des passions des faibles, mais vous qualifiez le but de la répression des forts de volonté créatrice au même niveau que la création des faibles qui est édifications d'idéaux. Or, chez les forts, la volonté créatrice peut entraîner comme un à-côté, une répression des passions. Mais ce n'est pas la répression des passions qui est créatrice de volonté. Il ne faut pas inverser. Quant aux faibles, la répression des passions chez eux naît du ressentiment, pas de la volonté créatrice. La création d'idéaux des faibles est donc une création nihiliste, de ressentiment, qui ne provient pas de la volonté de puissance. Chez les forts, tout est volonté de puissance, et elle peut engendrer répression des passions. Rappellez-vous l'âne qui dit oui: dit-il oui parce qu'il a l'habitude de dire oui, ou dit-il oui par volonté de la volonté? Je vous remercie de votre compliment. F. Nietzsche |